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Rouge, blanc, rosé, champagne…: ce que les Français ont bu pendant le confinement

Le rosé fait partie des gagnants de 2020

Le rosé fait partie des gagnants de 2020 - ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / ARCHIVES / AFP

FranceAgriMer a publié les chiffres des ventes de vins en grande distribution pour l'année 2020. Clairement, les confinements ont un peu dopé les ventes. Mais pas pour toutes les bouteilles…

Année 2020 mouvementée pour le vin français qui a pâti de la fermeture des hôtels et restaurants mais qui a néanmoins pu profiter d'un coup de pouce des Français lors des deux confinements, selon les derniers chiffres publiés par FranceAgriMer.

Au total, les ventes de bouteilles de vin tranquilles (sans bulles) en grande distribution ont augmenté de 1,1%. Un moindre mal pour le secteur mais qui masque surtout le gros coup de bambou pour les vins effervescents.

Le rouge boudé

Côté vin sans bulles, le vin rouge n'a pas été plébiscité avec des ventes de -1,5% en volume et -1,8% en valeur. Au contraire, le vin blanc tire son épingle du jeu avec une hausse de ses ventes de 3,8% en volume et 4,7% en valeur. L'inévitable rosé a aussi vu ses ventes augmenter de 3,3% en volume et de 4% en valeur.

La chaleur de l'été a évidemment joué mais les Français ont aussi fait leurs stocks au premier confinement: toutes couleurs confondues, une hausse de +5,6% de ventes de bouteilles est observée sur cette période, la meilleure période de l'année.

Le "bag in box" (le fameux "cubi") a aussi profité des confinements pour grappiller encore des parts de marché. Il représente 44% des ventes de vin tranquille en grande distribution (+3% par rapport à 2019). A noter aussi la bonne performance des vins bios dont les ventes ont augmenté de 10%, représentant désormais 3,6% du marché.

La champagne fait grise mine

Si les vins tranquilles s'en sortent, c'est une autre histoire pour les vins effervescents dont les ventes ont décru: -6,9% en volume et -4,7% en valeur sur l'année. Le premier confinement a été particulièrement cruel avec une chute brutale des ventes: -20,5% en volume et -27,5% en valeur. Même sanction lors du second confinement (respectivement -9,9% et -11,3%). Les fêtes de fin d'année n'ont pas réussi à sauver l'année.

Dans les détails, le champagne fait grise mine (-3,8%), tout comme les AOP (Appellation d'origine protégée). Seuls les effervescents étrangers, tirés par le cava et le prosecco, affichent une solide croissance (+17,1%).

2021 repart bien

Et les producteurs n'ont pas pu compter sur leurs exportations qui ont chuté en 2020: -11% en valeur, à 8,74 milliards d'euros. La faute aux "taxes Trump", au Brexit et évidemment à la pandémie de Covid-19 qui a fortement ralenti le commerce mondial. Là encore, le champagne est le grand perdant avec une baisse de -17% des exportations en volumes (et -20% en valeur).

Ils pourront peut-être se réconforter avec les chiffres du début de l'année 2021. Les ventes en grande distribution sont reparties à la hausse pour les vins tranquilles: +4,7% en volume pour la période de janvier à février. Une fois de plus, le vin blanc s'en sort bien (+11,7% des ventes), tout comme le rosé (+5%). Le vin rouge se montre plus timide (+1,6%) mais représente toujours près de la moitié des ventes de vins tranquilles consommé en France.

Thomas Leroy Journaliste BFM Business