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Les salariés de l'usine BN mobilisés contre la vente de leur maison-mère

La Biscuiterie Nantaise pourrait être vendue.

La Biscuiterie Nantaise pourrait être vendue. - JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Les salariés de la Biscuiterie Nantaise s’inquiètent des rumeurs persistantes sur la vente de leur maison-mère. Les sociétés Griesson et Continental Bakeries seraient sur les rangs.

Quel avenir pour les fameux Chocos BN? Les salariés de la Biscuiterie Nantaise ont débrayé ce jeudi midi durant une heure pour protester contre des rumeurs de vente par leur maison-mère, United Biscuits, elle-même propriété du conglomérat turc Yildiz. "C'était un franc succès, il y a eu beaucoup de grévistes", a déclaré à l'AFP Virginie Martin, déléguée CFE-CGC à la Biscuiterie nantaise.

Dans une allocution devant les salariés de l'usine de Vertou (Loire-Atlantique) en banlieue de Nantes, l'intersyndicale CGT, CFDT et CFE/CGC a réclamé "la transparence sur ce qui est en train de se décider dans leur dos et qui concerne pourtant leur avenir". "Les salariés de la BN n'entendent pas être les dindons de la farce", ont déclaré les syndicats, rappelant qu'en dépit des démentis de la direction sur un projet de rachat, "la BN a été ‘visitée’ en novembre à trois reprises" par des repreneurs potentiels (le Hollandais Continental Bakeries et deux fonds, canadien et français), puis le 9 janvier par le groupe allemand Griesson.

Griesson et Continental Bakeries, des profils pas rassurants

Pour l'intersyndicale, la question est de savoir "si la BN est à vendre, mais surtout dans quelles conditions et pour quels objectifs". Car, a-t-elle alerté jeudi, "les profils comme ceux des sociétés Griesson et Continental Bakeries ne sont pas rassurants: il suffit de visiter leurs sites pour se rendre compte qu'ils fabriquent et vendent les produits similaires aux produits de marque BN". "On est certains qu'ils sont en train de nous vendre, mais on ne peut pas le prouver. À un moment donné, il faut sortir du bois", a déclaré à l'AFP Virginie Martin. 

Selon elle, "la direction nous répète: ‘Nous ne faisons que susciter l'intérêt suite à la cession de Delacre’", biscuitier belge revendu en décembre par le Britannique United Biscuits à l'Italien Ferrero. Certains produits BN étant fabriqués dans des usines Delacre et inversement, la syndicaliste redoute que la cession de Delacre ne signe la mort prochaine de la BN. "Notre groupe s'est séparé de Delacre et maintenant c'est notre tour. Ils sont en train de vendre à la découpe, de faire le grand ménage partout, c'est l'hécatombe", dénonce-t-elle, espérant que la biscuiterie sera "rachetée par un investisseur, qui va investir et conserver les emplois". 

Forte de 422 salariés, la société BN dégage un chiffre d'affaires de 80 millions d'euros mais ne gagne pas d'argent. United Biscuits est la propriété depuis 2014 du conglomérat turc Yildiz, qui chapeaute une vaste gamme de produits comme les chocolats Godiva ou les biscuits McVitie's.

P.L avec AFP