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Les producteurs de lait exhortent les distributeurs à augmenter les prix de vente

La filière dit subir une hausse de leurs coûts de production due à la flambée du prix des emballages alors que le prix de vente moyen a déjà baissé sur un an.

Comme beucoup de secteurs, celui du lait s'alarme de la flambée de certains coûts, notamment ceux liés aux emballages. Une flambée qui rogne des marges déjà faibles.

Dans un communiqué, la filière du lait conditionné (97% de la consommation en France) constate une hausse de l'ordre de 50% en un an pour les matières premières plastiques et de +20% pour le carton.

"En conséquence, les laiteries doivent supporter une hausse de leurs coûts de production pouvant aller jusqu'à 8% en un an. Pourtant, dans le même temps, le prix de vente du lait au consommateur en grande distribution continue de stagner, voire de chuter. Pour les marques nationales, il est passé d'un prix moyen de vente aux consommateurs de 1,17 euro en juin 2020 à 1,10 euro en juin 2021, soit un recul de 6% en un an", s'alarme le secteur.

Prendre en compte la réalité

Ce dernier exhorte donc la distribution à revoir les prix de vente à la hausse. "Il est désormais urgent que les distributeurs prennent en compte la réalité des coûts de production dans leurs prix d'achat aux laiteries".

"Les professionnels du lait liquide estiment en effet que les consommateurs sont prêts à payer le lait français à sa juste valeur pour préserver cette activité historique sur le territoire", poursuivent-ils.

D'ailleurs, le succès de la marque C'est Qui Le Patron? illustre cette possibilité. Rappelons qu'il s'agit d'une coopérative de produits alimentaires élaborés par des consommateurs autour d'une charte visant à mieux rémunérer les producteurs quitte à payer un peu plus cher le produit. Le succès est éclatant: la marque a par exemple écoulé 200 millions de briques de son lait responsable (le premier produit lancé).

Reste une bonne nouvelle pour la filière: la consommation de lait en France repart à la hausse. En 2020, elle a progressé de 4,9% en volume à trois milliards de litres. C'est "une année historique", se félicite le secteur qui rappelle que cette consommation était en baisse chronique depuis 10 ans.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business