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Les petits commerçants veulent bloquer l'ouverture de nouveaux entrepôts pour l'e-commerce

Une proposition de loi de l'ancienne ministre Delphine Batho entend ordonner un moratoire sur l'installation de ces entrepôts en France, accusés de concurrence déloyale.

A quelques kilomètres du Pont-du-Gard, l'arrivée d'un centre de tri Amazon crée la polémique. Déjà onze recours ont été déposés contre le permis de construire par les opposants au géant américain, qui n'entendent pas laisser s'installer cet entrepôt géant. Au-delà de ce cas précis, une large contestation est en train de monter sur la question des entrepôts du e-commerce et notamment d'Amazon.

"Ce n'est pas 'que' contre Amazon" corrige Francis Palombi, président de la confédération des commerçants, sur le plateau de 12H l'Heure H. Ce mouvement, porté à la fois par une pétition mais aussi par une proposition de loi de l'ancienne ministre de l'Ecologie Delphine Batho, consiste à interdire à "Amazon, Alibaba et autres, de se créer sans demander d'autorisations particulières comme c'est le cas des autres commerçants, y compris les grandes surfaces", des entrepôts. L'idée est d'imposer un moratoire de deux ans pour l'ouverture de nouveaux entrepôts. 

Le e-commerce évite la Tascom

En effet, selon la députée EDS (Écologie démocratie solidarité, groupe dissident LREM) Delphine Batho, les géants du e-commerce "ne sont pas soumis aux procédures d’autorisation d’exploitation commerciale (passage en CDAC et en CNAC) qui régissent toute création. Ils échappent donc au moratoire sur l’implantation de nouvelles grandes surfaces, qui s’applique pourtant à la grande distribution" explique-t-elle dans l'Obs.

De la même façon, ces entrepôt "ne sont pas soumis à la Tascom" souligne Francis Palombi. Il s'agit d'une taxe sur les surfaces de vente au détail de plus de 400 m² et réalisant un chiffre d'affaires hors taxe à partir de 460.000 euros.

"Ces entrepôts, c'est une catastrophe"

Une concurrence déloyale, dénoncent les opposants. "Si on laisse les choses aller de ce pas là (…) c'est la mort du commerce physique" prévient le président de la confédération des commerçants. Il balaye d'ailleurs d'un revers de main l'argument selon lequel ces installations de site crée des emplois, en s'appuyant sur les calculs contestés de l'ancien ministre Mounir Mahjoubi. "Cela fait perdre des emplois d'un côté même si, d'apparence, sur le moment, cela en crée. Et puis, il faut voir les conditions de travail" souligne-t-il, évoquant "le non-respect des lois sociales."

Le 22 juin, les opposants promettent une tribune pour alerter l'opinion publique. "Ces entrepôts, c'est une catastrophe" conclut Francis Palombi.

Thomas Leroy