BFM Business

Les opérateurs télécoms n'en font pas assez pour les personnes sourdes et muettes

-

- - Sgnl smartwatch

Depuis fin 2018, les opérateurs doivent fournir une offre de services de communications électroniques accessible aux personnes sourdes, malentendantes, sourdaveugles et aphasiques.

Il est toujours aussi difficile aujourd'hui pour des personnes aveugles, sourdes, malentendantes ou muettes d'utiliser des services de téléphonie. Pourtant, depuis fin 2018, les opérateurs doivent fournir une offre de services de communications électroniques permettant à ces populations d’émettre et de recevoir des appels téléphoniques.

"La fourniture d’une offre accessible par de nouveaux opérateurs constitue une avancée. Cependant, une fraction très importante de la population sourde et malentendante française continue de ne pas utiliser les services mis en place par les opérateurs", explique l'Arcep, le régulateur des télécoms qui analyse les indicateurs d'usages que les opérateurs doivent lui fournir tous les trimestres.

En un an, le nombre d'utilisateurs progresse assez peu: 3140 pour le langage des signes par exemple au 2e trimestre contre 2217 un an plus tôt tandis que le nombre de conversations passe de 9600 à 17.000.

Difficultés d'accès

En cause, des offres difficiles d'accès pour les personnes sourdes et malentendantes.

"La modalité à laquelle les utilisateurs sourds et malentendants ont le plus recours reste de loin la langue des signes française (LSF), pour laquelle les indicateurs de qualité traduisent la difficulté pour de nombreux abonnés à avoir accès au service dans des délais raisonnables. Certains de ces indicateurs demeurent en deçà des niveaux définis par l’Arcep", poursuit l'Autorité.

Par exemple, pour accéder à ce service, le taux de prise en charge inférieur à 30 secondes ne concerne que 25% des demandes et 42% en moins de 3 minutes.

Quant à l’offre de services spécifiquement dédiée aux utilisateurs aphasiques, "elle n’est encore pas effective, et son lancement doit devenir une priorité pour les opérateurs", assène le régulateur.

Concernant les utilisateurs aveugles ou malvoyants, l'offre qui leur est destinée "a commencé à être mise en place au cours de ce trimestre par certains opérateurs".

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business