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Les médecins appelés à augmenter eux-mêmes le prix de leur consultation

Certains médecins avaient déjà augmenté leur tarif sans attendre l'appel de MG France.

Certains médecins avaient déjà augmenté leur tarif sans attendre l'appel de MG France. - Philippe Huguen - AFP

Le principal syndicat des médecins généralistes leur a conseillé d'augmenter eux-mêmes leur consultation de 23 à 25 euros. MG France réclame depuis des mois une revalorisation des honoraires.

Les médecins généralistes demandent depuis des mois que leur consultation passe de 23 à 25 euros. Las, le principal syndicat de généralistes, MG France, a appelé jeudi 26 mars, les médecins à augmenter eux-mêmes leurs tarifs.

"Il est temps de mettre davantage la pression sur le gouvernement et sur l'Assurance maladie", explique à l'AFP Jacques Battistoni, secrétaire général de MG France. La revalorisation des honoraires n'a rien à voir avec le projet de loi santé de Marisol Touraine, décrié par les professionnels de santé, mais elle s'est greffée aux revendications des médecins.

Dans un communiqué, le syndicat propose "aux généralistes de coter leurs consultations au tarif de base qu'utilisent tous les autres spécialistes (soit 25 euros, ndlr), chaque fois que c'est possible sans pénaliser le patient ou le médecin", dénonçant "une discrimination inacceptable".

Risque pour le patient

Techniquement, les médecins pourront ajouter une majoration sur leur facture, selon "différentes modalités pratiques", et sans rien risquer légalement, assure Jacques Battistoni. Mais cette facture sera probablement rejetée par l'assurance maladie. "Le risque majeur, c'est que le patient ne soit pas remboursé", comme le médecin si ce dernier pratique le tiers payant, concède Jacques Battistoni.

Si certains médecins, qui ont commencé à augmenter eux-mêmes leurs tarifs, ont souvent été mis en avant par MG France, le syndicat n'avait encore jamais appelé à suivre leur exemple, craignant d'éventuelles répercussions juridiques.

Concrètement, le syndicat risque des sanctions de la part de la Direction générale de la concurrence de la consommation et de la répression des fraudes "qui dit que l'on n'a pas le droit de s'entendre sur les prix", précise Jacques Battistoni. Mais "c'est un risque calculé, parce qu'on estime que c'est un droit, c'est une mesure de justice", conclut-il.

D. L. avec AFP