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Les Français hautement favorables à la lutte contre les cartels

L'Autorité de la concurrence, dirigée par Isabelle de Silva, a fait réaliser par l'Ifop une enquête sur les Français face aux pratiques de cartel.

L'Autorité de la concurrence, dirigée par Isabelle de Silva, a fait réaliser par l'Ifop une enquête sur les Français face aux pratiques de cartel. - Eric Piermont-AFP

Un sondage Ifop réalisé pour l'Autorité de la concurrence fait apparaître que 3 Français sur 4 désapprouvent les cartels favorisant l'entente sur les prix. Une large majorité considère que le cartel est au moins aussi grave que le vol et que les amendes doivent être dissuasives.

Les Français désapprouvent très majoritairement les cartels d'entreprises dont les pratiques d'entente secrète sur les prix sont régulièrement mis à l'amende par l'Autorité de la concurrence, dirigée par Isabelle de Silva. C'est le constat principal d'un sondage réalisé par cette dernière. Le gendarme de la concurrence a fait réaliser en 2017 par l'ifop associé à un chercheur de l'université Paris 1 une enquête (*) sur le regard des Français vis à vis des cartels et de leurs pratiques.

Ce sondage fait apparaître que 73% des Français désapprouvent les cartels. Ces derniers les jugent "néfastes pour les consommateurs" et estiment "que chaque entreprise doit fixer son prix indépendamment des concurrents, et que cette pratique doit être punie".

"Les Français ont donc fortement conscience du caractère néfaste de ces pratiques sur l'économie, situation qui est en ligne avec ce que l'on peut observer dans des études similaires réalisées en Italie (73 %), Allemagne (78 %), Royaume-Uni (79 %) et États-Unis (66 %)" commente le gendarme de la concurrence.

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- © Ifop pour l'Autorité de la concurrence

La condamnation des pratiques de cartel est unanime. 96% des personnes interrogées les jugent malhonnêtes et trois sur quatre n'hésiteraient pas à dénoncer cette pratique s'ils découvraient que leur organisation ou leur entreprise participait à un cartel. 

Plus d'un Français sur deux considèrent que le cartel est aussi ou plus grave que le vol (à 56%). Dans les autres études réalisées à l'étranger, le cartel n'est jamais considéré comme aussi grave que le vol. 

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- © Ifop pour l'Autorité de la concurrence

Une majorité de Français (60%) estiment que les sanctions punissant les ententes doivent être suffisamment dissuasives et qu'il faut infliger aux entreprises incriminées une amende supérieur à leur gain illicite.

Par ailleurs, les répondants sont favorables à 63% à ajouter la possibilité de disqualifier les auteurs de l'infraction (en leur interdisant d'exercer un poste à responsabilité au sein d'une entreprise) tout comme le fait d'infliger des amendes aux individus impliqués dans ces cartels (55 %).

En revanche, la possibilité d'une peine de prison comme sanction est largement rejetée par les Français (seulement 25 % favorables). Ce résultat est en ligne avec celui que l'on peut observer dans des études similaires sur d'autres pays, à l'exception des États-Unis où la peine de prison fait l'objet d'une adhésion légèrement supérieure (36%).

(*) L’enquête a été menée par l'Ifop auprès de 2510 personnes, représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus. Les interviews ont été réalisées par questionnaire en ligne du 13 au 19 juin 2017

Frédéric Bergé