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Les enquêteurs de Bruxelles ont perquisitionné chez Casino et Intermarché

L'enquête de Bruxelles porte sur Inca-achats (Incaa), une centrale d'achats commune créée en 2014 et à laquelle les deux enseignes de grande distribution ont mis fin l'été dernier.

L'enquête de Bruxelles porte sur Inca-achats (Incaa), une centrale d'achats commune créée en 2014 et à laquelle les deux enseignes de grande distribution ont mis fin l'été dernier. - Siska Gremmelprez-AFP

Les autorités européennes de la concurrence ont effectué des visites-saisies aux sièges de Casino à Paris et Saint-Etienne et à celui d'Intermarché en Ile-de-France. En cause, une enquête sur les pratiques d'Inca-achats (Incaa), ex-centrale d'achats commune des deux enseignes.

Les autorités européennes de la concurrence ont effectué hier mardi 21 mai des visites-saisies aux sièges de Casino à Paris et Saint-Etienne, a indiqué une porte-parole du groupe de distribution, confirmant une information du Figaro. D'après le quotidien, le siège du groupement des Mousquetaires à Bondoufle (Essonne) a aussi reçu une visite du même type, pour une enquête sur Inca-achats (Incaa), centrale d'achats commune créée en 2014 et à laquelle les deux enseignes ont mis fin l'été dernier.

La dissolution d'Incaa en 2018 avait été annoncée parallèlement à la constitution d'une autre alliance, réunissant cette fois Casino et Auchan.

La Commission européenne confirme des "inspections inopinées"

La Commission européenne a confirmé ce mercredi matin "des inspections inopinées dans les locaux de sociétés actives dans le secteur de l'alimentation au détail en France", mais sans citer les entreprises concernées. Elle "craint que deux commerces de détail n'aient violé les règles antitrust de l'UE qui interdisent les ententes et les pratiques commerciales restrictives", explique-t-elle.

"Le fait que la Commission effectue de telles inspections ne signifie pas que les entreprises sont coupables de comportement anticoncurrentiel ni qu'elle préjuge du résultat de l'enquête elle-même", insiste-t-elle, précisant que ses fonctionnaires "étaient accompagnés de leurs homologues de l'autorité française de la concurrence".

Personne n'était immédiatement joignable chez Intermarché pour une confirmation. Les services de la concurrence de la Commission européenne n'ont pas réagi non plus mardi soir.

Des pratiques commerciales abusives seraient en cause

Les centrales d'achats communes permettent aux enseignes de la grande distribution de commander de plus grands volumes et donc d'avoir encore plus de poids lors des négociations avec leurs fournisseurs. Mais elles inquiètent depuis plusieurs années les autorités de la concurrence.

Casino, Intermarché et leur centrale avaient déjà été assignés devant le tribunal de commerce de Paris par la répression des fraudes française en 2017 pour des pratiques commerciales "abusives". C'est donc au tour de Bruxelles de se pencher sur les négociations tarifaires menées par la centrale avec les industriels de l'agroalimentaire.

En France, la Direction générale de la Concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) estimait que ces enseignes avaient "formulé des demandes financières additionnelles" à leurs fournisseurs sans qu'elles ne soient justifiées, d'après un communiqué de 2017.

Selon Bercy, les fournisseurs n'ayant pas accepté ces demandes avaient subi "des mesures de rétorsion" révélées après une enquête menée en 2016 par la DGCCRF.

Frédéric Bergé avec AFP