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Les députés prêts à auditionner "de force" le patron de Lactalis

Les parlementaires tiennent à entendre Emmanuel Besnier, le patron de Lactalis, quitte à le faire venir de force.

Les parlementaires tiennent à entendre Emmanuel Besnier, le patron de Lactalis, quitte à le faire venir de force. - Jean-Francois Monier - AFP

La commission de parlementaires qui enquête sur l'affaire du lait infantile contaminé de Lactalis s'est déclarée déterminée à entendre son PDG, Emmanuel Besnier, en recourant à la force si nécessaire pour le faire venir.

La commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur l'affaire du lait infantile Lactalis contaminé a promis ce jeudi d'entendre le PDG du groupe, Emmanuel Besnier, en le faisant venir de force si nécessaire.

"Nous sommes très attachés aussi à entendre le patron de Lactalis, qui se fait rare", a déclaré le président de cette commission, Christian Hutin (gauche), au début de la première audition. "Je ne souhaiterais pas y avoir recours, mais j'aurai la force publique pour qu'il vienne nous voir", a-t-il ajouté, sans préciser de date.

Christian Hutin l'a redit à la fin de cette audition, où s'est exprimé le président de l'Association des familles victimes du lait contaminé aux salmonelles (AFVLCS), Quentin Guillemain. "Nous ne reculerons devant rien. Je pense en particulier au président de Lactalis qui se fait très rare. Mais le président Hutin a le pouvoir de l'obliger à venir", a prévenu le député du Nord, parlant de lui-même à la troisième personne.

37 victimes et 50 plaintes

Depuis qu'a éclaté début décembre le scandale du lait infantile contaminé, Emmanuel Besnier est resté extrêmement discret. Il a refusé de rencontrer l'AFVLCS et n'a accordé qu'un seul entretien à des journalistes, ceux du Journal du dimanche, à la mi-janvier. L'audition de Quentin Guillemain a été l'occasion pour lui de dénoncer les responsabilités de l'industriel et des pouvoirs publics dans cette affaire.

D'après l'agence sanitaire Santé publique France, 37 bébés ont été atteints de salmonellose en France depuis l'été 2017 après avoir consommé un produit d'alimentation infantile Lactalis infecté sorti de l'usine de Craon (Mayenne). L'association estime qu'il s'agit de "chiffres a minima", de nombreux cas de cette maladie ayant pu ne pas être diagnostiqués faute d'avoir mené les examens nécessaires.

"À ce jour ce sont plus de 50 plaintes de nos adhérents qui ont été déposées", a indiqué Quentin Guillemain. Le pôle santé publique du parquet de Paris avait ouvert en décembre une enquête préliminaire pour "blessures involontaires" et "mise en danger de la vie d'autrui".

N.G. avec AFP