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Lactalis: La DGCCRF épingle les magasins qui ont tardé à retirer le lait infantile 

Certains produits Lactalis n'ont pas été immédiatement retirés du marché.

Certains produits Lactalis n'ont pas été immédiatement retirés du marché. - Jean-François Monier - AFP

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes a pointé du doigt les grandes et moyennes surfaces et les pharmacies qui ont commercialisé des produits Lactalis après leur retrait du marché.

L'État a transmis à la justice des procès-verbaux d'infraction épinglant des "grandes et moyennes surfaces" ainsi que des "pharmacies" ayant commercialisé des produits lactés Lactalis après la date de leur retrait du marché, a indiqué la DGCCRF. "50 PV ont été transmis à la justice, 214 avertissements ont été adressés aux professionnels, en particulier lorsque l'information destinée aux consommateurs était insuffisante" a déclaré Delphine Gény-Stephann, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances Bruno Lemaire.

Elle a tenu ces propos lors de la présentation du bilan 2017 de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) à Bercy. "D'énormes retards ont été mis en évidence dans la gestion du retrait et du rappel de ces produits alors qu'ils présentaient un risque pour la santé" a-t-elle dit.

"Plusieurs centaines de produits qui devaient être retirés étaient en réalité toujours commercialisés dans 113 établissements contrôlés", a ajouté la secrétaire d'État. Un groupe de travail va bientôt se réunir "dans le cadre du conseil national de la consommation" pour mieux gérer les opérations de retrait-rappel de produits, a-t-elle rappelé.

"Rappeler où sont les obligations"

Mais elle n'a donné aucune information sur les modalités envisagées pour y parvenir, notamment en ce qui concerne l'obligation de publication de ces retraits dans les médias locaux et nationaux, ni sur le calendrier envisagé. La première réunion du comité devrait avoir lieu "fin mars", et la dernière "fin avril", avec des annonces attendues pour "la mi-mai", selon son entourage.

Alors que Lactalis avait semblé initialement être tenté de rejeter sur le ministère de l'Agriculture une partie de la responsabilité dans les défaillances de contrôle observées le long de ses propres chaînes de fabrication, Delphine Gény-Stephann a voulu "rappeler où sont les obligations et les responsabilités de chacun".

"Les fabricants doivent mettre sur le marché des produits sûrs, les distributeurs doivent commercialiser des produits sûrs, ces responsabilités sont les leurs. Les services de l'État n'ont pas vocation à porter ces responsabilités à la place des entreprises. Leur mission est une mission de contrôle", a-t-elle martelé. Jusqu'ici, 37 bébés ont été atteints de salmonellose en France après avoir consommé un produit d'alimentation infantile Lactalis. Le groupe a été critiqué pour avoir tardé à réagir après deux contrôles internes en août et novembre 2017.

Mieux contrôler

Par ailleurs, les services de l'Etat français chargés de la protection des consommateurs cherchent de nouveaux moyens, numériques notamment, de renforcer les contrôles. "L'adaptation des services de contrôle aux évolutions des technologies, le déploiement du numérique est un impératif accru", a dit la secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie, Delphine Gény-Stephann.

"La Direction générale de la concurrence, de la consommation et la répression des fraudes (DGCCRF) doit se doter d'une capacité de traitement automatisé des données pour améliorer le ciblage de ses contrôles sur les entreprises qui présentent le plus de risques" a-t-elle ajouté.

D. L. avec AFP