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Les brasseurs français autorisés à être plus créatifs

En moins de 25 ans, le nombre de brasseries a été multiplié par 30 en France

En moins de 25 ans, le nombre de brasseries a été multiplié par 30 en France - Fred Tanneau- AFP

Un décret qui entrera en vigueur le 1er janvier valide le droit pour les brasseries de créer de nouvelles recettes avec des ingrédients jusque-là officiellement interdits mais tolérés par l'administration.

Les brasseurs seront désormais en règle. Ils ont salué la prochaine mise en application d'un décret sur la bière, qui va autoriser les brasseries à développer de nouvelles recettes, à l'occasion de l'assemblée générale de l'association des Brasseurs de France , ce vendredi 9 décembre.

Ce décret paru le 17 novembre et qui sera mis en application le 1er janvier 2017 "représente 4 ans de travail avec l'administration", a dit à l'AFP le délégué général de Brasseurs de France Pascal Chèvremont.

"L'administration est venue nous voir en septembre 2012 en nous expliquant qu'ils avaient commencé à contrôler des brasseries régionales de création récente et que les recettes développées n'étaient pas tout à fait conformes au texte rédigé en 1992", raconte-t-il.

30 fois plus de brasseries en 24 ans

En 1992, une trentaine de brasseries existaient sur le territoire français. Depuis, le secteur a connu une véritable explosion et atteint fin 2016 900 brasseries. 100 nouvelles brasseries ont ouvert en 2015, et entre 100 et 150 cette année, selon l'association. 

"Chaque brasseur a besoin de se différencier par rapport à la concurrence", dit Pascal Chèvremont. "Beaucoup de ces brasseurs se sont créés avec l'idée de faire renaître des bières régionales avec des ingrédients typiques, mais pas nécessairement autorisés", ajoute-t-il.

"L'administration a eu l'intelligence de dire qu'elle n'allait pas interrompre le mouvement de création d'entreprises et a préféré travailler main dans la main avec nous pour faire en sorte que ces bières deviennent conformes dans le cadre d'un texte mieux adapté", affirme Pascal Chèvremont.

De nouveaux ingrédients

Le décret rappelle que la bière est une boisson fermentée, obtenue à partir d'un moût préparé avec au moins 50% de malt de céréales, d'eau et de houblon. Il formalise l'utilisation d'ingrédients déjà en usage dans la profession, tels les herbes aromatiques ou les épices, sous réserve de ne pas apporter leur typicité dans le goût du produit final.

Il ouvre également la possibilité qu'une bière soit additionnée de boissons alcoolisées, à condition de ne pas augmenter le degré alcoométrique final de plus de 0,5% en volume.

Pour Pascal Chèvremont, le décret va permettre "la poursuite de la création chez les brasseurs" ainsi qu'une meilleure définition d'une "culture française de la bière, jouant sur les saveurs".

J.M. avec AFP