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Les attentats pèsent sur l'hôtellerie et la consommation

Les récents événements tragiques qu'a connus la France ont eu un impact sur les soldes et la fréquentation touristique. Mais ces répercussions ne devraient avoir des effets qu'à court terme.

Depuis une semaine les Français n'ont pas forcément le coeur à consommer. Malgré le démarrage des soldes, magasins et centres commerciaux accusent une baisse de fréquentation.

Le week-end dernier 48,9% des Français ont participé aux soldes d'hiver, selon un sondage Toluna réalisé auprès de 1.503 personnes. Un chiffre qui traduit une baisse de 3,8 points par rapport à l'an dernier. "Pris dans la tourmente des événements qui endeuillent le pays", les Français se sont comportés "davantage comme des citoyens que comme des consommateurs", explique Philippe Guilbert, le directeur général de Toluna.

Une deuxième démarque

Un retard qui devrait être en partie rattrapé. Les Français font, en effet, un retour timide dans les magasins attirés par la deuxième démarque dont la date a été avancée. "C'était la seule chose à faire", explique Jean-Michel Silberstein, le président du Centre National des Centres Commerciaux (CNCC). "Pour faire revenir la clientèle, les enseignes ne peuvent pas se permettre de jouer à minima si elles veulent se débarrasser de leurs stocks", dit-il.

Dans les centres commerciaux, la baisse du chiffre d'affaires sur les cinq premiers jours a été de 5% en province et de 12% en Île-de-France. Parmi les raisons qui expliquent ces mauvais chiffres, il y a les attentats évidemment et le plan vigipirate qui n'incitent pas à se rendre dans des lieux publics. Mais aussi des éléments comme la météo, peu favorable à la vente de grosses pièces, ou les promotions du mois de décembre qui ont bien marché.

Pour autant, Jean-Michel Silberstein en est certain, le retard sera comblé, en partie du moins. Car, après le traumatisme, les Français ont repris confiance grâce au sentiment d'unité nationale. L'impact des attentats terroristes ne se limitent évidemment pas aux soldes.

Un retour à la normale dans deux semaines

L'hôtellerie est également touchée. "En ce qui concerne la restauration il y a eu un très net ralentissement et, en matière d'hôtellerie, des gens qui venaient pour affaires sont venus avec hésitation et ceux qui venaient pour visiter ont carrément annulé", explique à BFMTV Jean Mathieu patron de l'hôtel-restaurant "Le ruisseau" à Saint-Mandé (94). 

De fait la fréquentation hôtelière a connu une nette baisse durant la période des attentats. Globalement, entre le 9 et le 14 janvier, la fréquentation des établissements parisiens a chuté entre 3 et 7%, voire entre 3 et 8% pour les hôtels haut de gamme et du luxe, selon une étude du cabinet MKG Hospitality. "Les professionnels du tourisme parisiens étaient sensibilisés depuis longtemps à la possibilité d'une action terroriste dans la capitale. Relativement épargnée, Paris vivait avec cette épée de Damoclès. L’émotion est naturelle et la crainte de visiteurs étrangers justifient le report ou l’annulation de séjour dans ces circonstances", explique Georges Panayotis le PDG de MKG Hospitality.

Néanmoins l'alarmisme n'est pas de mise. "L’expérience – malheureuse – des attentats de Londres ou de Madrid, il y a seulement quelques années, montre que les effets négatifs s’estompent plus rapidement que dans les décennies précédentes", juge-t-il. Interrogé par BFMTV, il considère en se basant sur ces exemples qu'un retour à la normale est possible dans deux ou trois semaines.

Hélène Cornet et Julien Marion avec BFMTV