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Les 3Suisses vont être vendus

674 licenciements avait été annoncé au sein des 3 Suisses en février 2009, ce qui avait donné lieu à une manifestation le 24 février 2009 à Croix, au siège de l'entreprise.

674 licenciements avait été annoncé au sein des 3 Suisses en février 2009, ce qui avait donné lieu à une manifestation le 24 février 2009 à Croix, au siège de l'entreprise. - AFP-Philippe HUGUEN

"L’ancien fleuron de la vente par correspondance est au plus mal: 80 nouveaux postes vont être supprimés. Son propriétaire, le groupe 3SI, abandonne ses activités d'e-commerce."

L’abandon de son épais magazine papier au profit du Web n’aura pas suffi. La société des 3Suisses se meurt à petit feu. Elle va encore compresser davantage ses effectifs en supprimant 80 postes et sera ensuite vendue, a annoncé ce vendredi le groupe 3SI. Actuel propriétaire, cette société est une filiale du groupe allemand d’e-commerce Otto. Cette dernière a décidé de mettre un terme à toutes les activités liées à la vente en ligne à la fois en France mais aussi en Belgique, en Espagne, en Allemagne, en Autriche et en République Tchèque.

3SI se concentrera uniquement sur les services aux entreprises d’e-commerce, via le distributeur de colis Mondial Relay et le préparateur de commandes Dispeo. Il met fin à son activité historique de vendeur de produits textiles fabriqués dans le Nord.

650 millions de pertes depuis 2009

De son côté, les 3Suisses France vont être regroupés avec l’entité belge et devront survivre avec seulement une quarantaine d’employés, contre 147 actuellement et 400 en 2014. Un partenariat sera mis en place pour qu’ils vendent des modèles dessinés par l’entreprise espagnole Venca, entité du groupe 3SI.

Un important plan social avait déjà été mené en 2009, mais les 3Suisses ne sont jamais devenus un e-commerçant profitable. La société fondée en 1938 "a perdu depuis six ans 650 millions d’euros. L’an dernier, elle était dans le rouge pour plus de 60 millions d’euros, quand son chiffre d’affaires atteignait à peine les 120 millions", précise La Voix du Nord, qui constate combien le groupe Otto s’est lassé d’investir pour moderniser l’entreprise, après l’avoir acquise en 2014.

Adeline Raynal