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Leclerc: "nous allons investir des milliards sur Internet"

Le PDG des enseignes Leclerc était l'invité de BFMTV-RMC, ce mercredi 15 avril. Il a ainsi fait part de ses ambitions dans le numérique, comptant créer 10.000 postes sur trois ans.

Michel-Edouard Leclerc a fait cet aveu un peu déroutant. "J'ai un côté éternel ado qui veut transformer le monde", a confié sur BFMTV-RMC, le PDG des enseignes Leclerc.

Et au XXIe siècle, transformer le monde passe forcément par le digital. Leclerc va ainsi mettre le cap sur internet, ce qui "est une révolution pour les provinciaux que nous sommes", a-t-il reconnu. Une transformation rendue nécessaire par les nouveaux modes de consommation.

"Demain nos enfants iront d'abord chercher les marques sur internet et une fois la marque trouvée, ils regarderont où elle est. Donc, il faut construire un grand portail internet", a expliqué Michel-Edouard Leclerc.

10.000 emplois sur trois ans

Ce pourquoi "nous allons investir des milliards dans l'internet". Il a ensuite donné plusieurs chiffres. Alors qu'il "faut entre 5 et 30 millions d'euros pour ouvrir un hypermarché de taille moyenne", pour ouvrir "un portail internet et aller au-devant de 60 millions de consommateurs cela va nécessiter 20-30 millions d'euros par an d'investissements et 500-600 millions d'euros par an en logistique".

Ainsi "sur trois ans, Leclerc investit 1 milliard d'euros" avec à la clef "10.000 emplois nets créés, même moi cela m'effraie un peu". Et Michel-Edouard Leclerc l'a assuré "nous garderons les emplois des hypermarchés".

Le but: gonfler le chiffre d'affaires sur internet du groupe, actuellement de 2 milliards d'euros (contre 44 milliards d'euros pour l'ensemble des points de vente) et fourbir ses armes face à Amazon.

Macron "a calé"

Michel-Edouard Leclerc est ensuite revenu sur plusieurs projets du gouvernement. Il a ainsi regretté qu'Emmanuel Macron "'ait calé" sur l'autorisation de la vente de médicaments sans ordonnance en parapharmacie, alors que le ministre avait promis "les yeux dans les yeux de le faire". "Je pense qu'il a (toujours, ndlr) envie de le faire", a-t-il poursuivi.

Il est ensuite revenu sur le rapport contre le gaspillage alimentaire présenté mardi par le député et ancien ministre délégué à l'agroalimentaire par Guillaume Garot.

Ce dernier propose ainsi d'interdire aux distributeurs de jeter les invendus alimentaires. "Il a raison", a réagi Michel-Edouard Leclerc. Sauf qu'en "2013 il a créé un plan national de lutte contre le gaspillage, et les enseignes Leclerc ont adhéré tout de suite à ce plan. Si bien qu'aujourd'hui tout ce qu'il réclame dans son rapport est fait déjà chez Leclerc et Carrefour".

Le PDG de Nestlé France est "gonflé"

Il a d'ailleurs indiqué que son enseigne donne "6.000 tonnes soit 60 millions d'équivalent repas pour les Restos du cœur". Enfin, Michel-Edouard Leclerc a riposté face au propos du PDG de Nestlé France, Richard Girardot, qui dénonçait le 31 mars dernier, les méthodes de la grande distribution tricolore. "Il est gonflé car Nestlé est le roi de la marge", a riposté Michel-Edouard Leclerc.

Ce dernier explique que Nestlé n'a pas construit une usine en France depuis 2000. "Monsieur Nestlé venez construire vos usines en France, on mettra des tapis rouges, j'irai même cherchez Georges Plassat, le PDG de Carrefour et là vous aurez la parole".

J.M.