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Leclerc : « Mon combat de la rentrée : casser l'inflation »

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Michel-Edouard Leclerc, PDG des centres Leclerc, invité de Bourdin & Co ce vendredi 5 septembre, s'est engagé à tout faire pour baisser les prix et casser l'inflation dans ses magasins, et chez la concurrence.

Jean-Jacques Bourdin : Comme vous l'aviez annoncé, les prix des produits frais ont augmenté ce mois d'août de 4,1% par rapport au mois d'août 2007.

Michel-Edouard Leclerc : Oui, et en janvier le gouvernement avait annoncé une hausse de 1% seulement. Moi, j'ai pris des risques et je me suis fait tancer parce que j'ai annoncé ce que je voyais être la réalité, à savoir un taux moyen annuel de 4%. Maintenant c'est fait. Les consommateurs les ont pris dans leur portefeuille. La question est de savoir si cela va ou pas durer.

Moi, je pense que cela ne va pas durer. Et en tous cas, je vais tout faire pour que cela ne dure pas, et je m'y engage. Parce que la conjoncture change. Du côté des matières premières, en hausse, Leclerc contre l'OPEP, ça ne marche pas ; même Sarkozy contre l'OPEP, ça ne marchera pas. Donc je ne sais pas ce que va donner le cours des carburants. En revanche, les prix du blé et du lait descendent. Il faut le temps ensuite que le blé se transforme en farine, et la farine en biscotte.

Mais il y a eu une vague spéculative sur les produits alimentaires. Je pense que maintenant que nous sommes dans une tendance de baisse des produits alimentaires - ce ne sera peut-être pas durable, il va falloir que les consommateurs puissent en bénéficier. Donc, ces 3 derniers mois, le cours du blé a chuté de 40%, et si ça se confirme parce que les récoltes sont bonnes, il faut que d'ici la fin de l'année, les consommateurs puissent toucher dans les produits transformés, le produit de cette baisse de prix.

Pour ça, il faut une politique volontariste. Et surtout, il fallait qu'on change la loi, qui nous empêchait de négocier avec les fournisseurs. Le gouvernement a changé cette loi. Je me suis battu pour ça pendant 4 ans ; j'ai fait des campagnes de pub ; j'ai eu tous les industriels à dos. Et cet été, la loi LME (Loi de Modernisation de l'Economie) a été changée. Et là, à la rentrée certains fournisseurs arrivent à nouveau avec des hausses tarifaires qui continuent. Donc, j'ai passé des ordres à tous nos acheteurs et je leur ai dit « on vise une inflation maximale de 2% en rythme annuel en décembre, donc vous ne laissez passer aucune hausse moyenne de tarifs de fournisseurs supérieure à ce taux ».

Notre objectif est de diviser l'inflation par 2. Là où vous parliez d'une inflation de 4%, je veux la ramener à 2%, avant la fin de l'année. Non seulement je m'y engage chez moi, dans les centres Leclerc, mais je peux vous dire que comme les concurrents savent qu'en ce moment on ne laissera rien passer des industriels et que ça bagarre, je peux vous dire Carrefour, Intermarché, Auchan... ne vont pas me laisser la priorité de ce résultat.

La rédaction-Bourdin & Co