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Le géant du téléshopping QVC arrive en France

Inconnu en France, le géant américain QVC veut dépoussiérer l'image vieillotte qu'a le téléshopping dans l'Hexagone.

Inconnu en France, le géant américain QVC veut dépoussiérer l'image vieillotte qu'a le téléshopping dans l'Hexagone. - Kenzo Tribouillard - AFP

Le spécialiste américain va lancer mi-juin un site de commerce en ligne participatif et une chaîne de télévision gratuite en août. Voilà qui pourrait faire de l'ombre à TF1 et M6, les spécialistes du téléshopping en France.

Inconnu en France, le géant américain QVC veut dépoussiérer l'image vieillotte qu'a le téléshopping dans l'Hexagone. Steve Bridgemen, directeur général du groupe pour la France, a ainsi annoncé qu'un site de vente en ligne sera lancé à la mi-juin. Tandis que la chaîne de télévision, qui sera visible par 13 millions de foyers, sera accessible sur les réseaux câblés, satellites ou via l'ADSL à partir de début août.

Produits de beauté, bijoux, équipement pour la maison et mode, les articles proposés ciblent une clientèle de femmes "de plus de 35 ans" qui n'ont pas forcément le temps de faire leurs achats en magasin.

Alors que le marché français du téléshopping est dominé par TF1 et M6, qui ont fait du lobbying pour décrocher un canal sur la TNT sans jamais y parvenir, l'arrivée de ce spécialiste du secteur, qui a déjà investi à ce jour plusieurs dizaines de millions d'euros en France, pourrait redistribuer les cartes. Mais QVC entend se démarquer du lot pour séduire sa clientèle.

"Ce que nous proposons est très différent de ce qui existe déjà en France", explique Steve Bridgeman, qui fait remarquer que QVC n'est pas seulement une chaîne de télé mais aussi un acteur multimédia, avec 40% des ventes réalisées en ligne, parmi lesquelles 41% se font via les smartphones.

8 heures de direct par jour

Les programmes de télévision pourront ainsi être revisionnés sur le site web, qui sera en interaction avec les émissions, les internautes pouvant envoyer leurs commentaires en direct et les différents contenus étant synchronisés en temps réel.

 Les programmes, qui prévoient 8 heures de direct par jour au départ, 16 heures par la suite, seront produits dans les studios construits par l'Américain à Aubervilliers ( Seine-Saint-Denis) qui s'étalent sur 300m2.

Ils ont vocation à être dynamiques, divertissants, avec une multitude de conseils sur les produits, des séquences de mise en forme ou de cuisine, auxquelles s'ajoutera une présentation soignée des articles par les dirigeants d'entreprises eux-mêmes s'ils le souhaitent, ou au travers de reportages. Des personnalités ou des designers de mode seront également conviés sur le plateau. 

Des produits fabriqués par des PME françaises

D'ici la fin de l'année, QVC entend proposer 1.000 produits à la vente en France, dont un tiers proviendront de marques de PME ou de créateurs peu connus du grand public. "Nous ne sommes pas un supermarché ni un entrepôt, le but est de proposer des produits qui ne se trouvent pas déjà sur Amazon, voire qui sont uniques", souligne Christelle-Laure Collin, directrice marketing pour la France.

En dehors de quelques marques connues, QVC compte donc s'appuyer sur un tissu de PME françaises montantes, dont il entend promouvoir le développement dans l'hexagone avant de les aider, pourquoi pas, à franchir le pas de l'international.

Créé en 1986 aux Etats-Unis et filiale de Liberty Interactive Corporation, QVC a réalisé l'an dernier 6 milliards de dollars de chiffre d'affaires dans le pays, et 8,8 milliards au niveau mondial. En Europe, il est déjà présent au Royaume-Uni, en Italie et en Allemagne, où ses ventes frôlent le milliard de dollars. Le groupe envisage de recruter 250 personnes d'ici 3 ans, en grande partie dans ses studios de production.

C.C. avec AFP