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Le "fait-maison" coûte-t-il vraiment moins cher que les plats industriels?

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Si on prend en compte le coût du temps passé à cuisiner, le "fait-maison" à partir d’ingrédients bruts reviendrait bien plus cher que le même plat version "prêt à consommer", selon une étude de l’Inrae parue ce mercredi.

Une quiche lorraine revient-elle plus cher si elle est achetée toute faite ou préparée à la maison? "En prenant en compte le coût du temps, cuisiner à la maison à partir d’ingrédients bruts revient plus cher qu’acheter des plats industriels", ont répondu des chercheurs de l’Inrae ce mercredi.

Pour arriver à cette conclusion, ces analystes ont répertorié les 19 plats les plus consommés en France. Comme la quiche lorraine donc, mais aussi le taboulé, le boeuf bourguignon, le gratin dauphinois, etc. Pour chaque recette, les chercheurs ont effectué un relevé de prix en magasin et sur internet de ces plats préparés, et un autre des ingrédients nécessaires à leur confection.

En se limitant à comparer les tickets de caisse, ils ont constaté qu’un plat industriel pour quatre personnes coûte en moyenne 0,84 euros de plus que les ingrédients achetés au détail pour le même nombre de portions. Même en tenant compte du prix de l’énergie pour cuisiner ou réchauffer les plats, le tout-prêt reste plus onéreux, en moyenne, de 60 centimes. 

Le plat préparé, outil de lutte contre les inégalités?

En revanche, si l’on prend en compte le coût du temps de préparation, le fait-maison devient plus cher, et même beaucoup plus cher. En “rémunérant” le temps passé à cuisiner au SMIC horaire, le plat réalisé à la maison coûterait en réalité 5,34 euros de plus que son équivalent industriel. 

Pour l’Inrae, cette conclusion montre l’importance de “garantir la disponibilité de plats industriels pratiques, abordables et ayant une qualité nutritionnelle avérée”. Un moyen de “contribuer à promouvoir une alimentation saine, tout en luttant contre les inégalités hommes-femmes et contre les inégalités sociales”, notamment au sein des familles modestes, plaide l'Institut. 

Encore faut-il que les plats cuisinés soient réellement d’aussi bonne qualité que le fait maison. A ce titre, plusieurs études ont démontré récemment que ces repas sont généralement bourrés d’additifs, ces substances destinées à réhausser leur goût ou accroître la durée de conservation. Ils seraient aussi bien plus riches en sel, graisses saturées et sucre, tandis qu'ils sont plus pauvres en vitamines et en fibres, que leurs équivalents fait-maison.

Nina Godart