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Le cartel des lunettes dans le viseur de l'Autorité de la concurrence

Chaque groupe risque plus de 10 millions d'euros d'amende

Chaque groupe risque plus de 10 millions d'euros d'amende - Thomas Samson - AFP

L'Autorité s'apprêterait à infliger une amende à Alain Afflelou, Luxottica, Safilo et GrandVision, pour s'être entendus sur les prix avec les industriels. Selon Le Figaro chaque entreprise pourrait devoir payer plus de 10 millions d'euros.

Un nouveau cartel dans le collimateur de l'Autorité de la concurrence. Selon le Figaro, qui explique avoir repéré le dossier judiciaire dans le document de base remis par Alain Afflelou à l'AMF dans le cadre de son projet d'introduction en Bourse, plusieurs groupes d'optique pourraient écoper d'une lourde amende.

Outre Alain Afflelou, les italiens Luxottica (qui possèdent notamment la marque Ray-Ban) et Safilo ainsi que le néerlandais GrandVision seraient concernés. Les faits remontent aux années 2000.

"Entente verticale"

Le quotidien explique que les groupes incriminés sont accusés d'une entente verticale (entre industriels et distributeurs) sur le prix des montures, "qui impliquerait également des marques de luxe ayant confié une licence de fabrication et de distribution à des industriels".

Chaque groupe pourrait écoper d'une amende supérieure à 10 millions d'euros. Alain Afflelou nie les faits reprochés, et n'a en conséquence rien provisionné dans ses comptes, mais le groupe indique que la sanction pourrait lui coûter jusqu'à 12,5 millions d'euros. Luxottica n'a également rien provisionné. En revanche Safilo a mis de côté 17 millions d'euros au cas où.

Le Figaro ajoute que l'affaire comporte un autre volet non pas cette fois sur les prix mais sur la vente en ligne. Certaines sociétés restreindraient ainsi leurs ventes de lunettes de soleil sur internet, afin de ne pas nuire à leur image. "Les marques jugent souvent que les investissements en marketing et R&D qu'elles supportent ne sont pas toujours compatibles avec les conditions de vente en ligne", ajoute le quotidien. Ce dernier précise que le jugement devrait être rendu "d'ici à 2017".

"Si il y a un truc que je ne fais pas c'est tomber de l'armoire. Cela fait 35 ans que l'on dénonce à la fois le prix des lunettes qui est exorbitant en France ainsi que les difficultés mise sur la route pour en faire baisser le prix. Nous ne sommes donc absolument pas surpris de cette pré-décision", a réagi Marc Simoncini, président-fondateur de Sensee, un site de vente de lunettes sur internet, sur BFM Business.

J.M.