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Lactalis rompt avec les producteurs de lait qui l'ont critiqué sur France 2

Usine Lactalis près de Laval.

Usine Lactalis près de Laval. - JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Lactalis a rompu les contrats de cinq producteurs accusés d'avoir dénigré le géant laitier. Selon les termes du contrat, ils avaient l'obligation de "respecter l'image du groupe".

Des producteurs de lait ayant témoigné leur mécontentement vis à vis de Lactalis lors d'un reportage sur France 2 ont vu leur contrat rompu par le géant laitier, a-t-on appris ce vendredi auprès des éleveurs et du numéro un mondial des produits laitiers. "S'il vous appartient d'être en désaccord avec notre politique d'approvisionnement lait, celle-ci reste cependant de notre ressort et ne peut en toute hypothèse faire l'objet d'un tel dénigrement. Au regard du contexte général ayant entouré vos déclarations, nous avons pris la décision de mettre un terme à nos relations", peut-on lire sur un courrier envoyé à l'un des éleveurs dont l'AFP a obtenu une copie.

Le reportage intitulé "Sérieusement ? Lactalis: le beurre et l'argent du beurre ?" avait été diffusé le 13 octobre dans l'émission "Envoyé Spécial" sur France 2 et mettait en cause le groupe laitier et son PDG Emmanuel Besnier. "Je ne pensais pas qu'ils oseraient le faire", explique l'un des producteurs ayant requis l'anonymat, craignant de ne pas retrouver une nouvelle laiterie.

Cinq producteurs sont concernés par cette rupture de contrat, avec préavis de 12 mois. Contacté par l'AFP, le porte-parole de Lactalis Michel Nalet a confirmé l'envoi du courrier et expliqué qu'"il n'est pas possible de poursuivre une relation avec des producteurs qui dénigrent leur employeur".

"Respecter l'image du groupe"

Sur les contrats liant Lactalis aux producteurs de lait, il est spécifié que ces derniers ont l'obligation de respecter l'image du groupe, auquel cas ils peuvent craindre une rupture de leur contrat, a-t-il rappelé. Ce même reportage avait fait l'objet d'une plainte de la part de M. Besnier qui avait dénoncé des "attaques injustifiées", "la diffusion d'une émission uniquement à charge" et une atteinte à sa vie privée en montrant des images de sa résidence, le château du Vallon à Entrammes (Mayenne). 

"Ce n’est pas une question de vengeance. Nous avons des relations étroites avec les producteurs de lait et il ne nous paraît pas possible de maintenir une relation durable avec ceux qui souhaitent dénigrer notre entreprise et ses produits. Tout ceci n’est pas acceptable", a défendu le porte-parole de Lactalis, Michel Nalet, invité d’Europe 1 ce vendredi. "Le reportage (de France 2, ndlr) était bien postérieur aux accords signés à Laval le 31 août (…) C’est un cas isolé de producteurs qui souhaitent s’exprimer, et c’est leur droit, mais il faut que chacun tire des conclusions des positions prises à l’encontre de notre groupe", a martelé Michel Nalet.

Mardi, la cour d'appel d'Angers a jugé que "la diffusion à une heure de grande écoute de l'extrait litigieux (...) puis son maintien en ligne sur le canal de rediffusion Pluzz" était "susceptible de porter atteinte" à la vie privée de M. Besnier. En revanche, elle a débouté le PDG de sa demande d'interdiction de rediffusion par France 2, qui a argué que "le reportage litigieux n'était plus en ligne sur les sites" du groupe "à la date du 26 octobre 2016 et qu'aucune diffusion n'était établie".

P.L avec AFP