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La sécurité privée à l’épreuve du pass sanitaire

Alors que le pass sanitaire est étendu ce lundi 16 août à certains centres commerciaux et magasins, la demande en sécurité privée a cru. Mais le secteur rencontre des difficultés à honorer toutes les demandes en raison de la période de congés estivaux.

"Aujourd’hui, la mise en œuvre de cette obligation représente pour le secteur des entreprises de sécurité privées un nouveau défi", résume ce lundi Claude Tarlet, président de la Fédération Française de Sécurité privée au micro de BFM Business.

L'obligation de présenter un pass sanitaire est élargie ce lundi 16 août aux centres commerciaux de plus de 20.000 mètres carrés, dans les départements où le taux d'incidence dépasse 200 pour 100.000 habitants. En conséquence, en plus de certains restaurants, boites de nuits ou bars, de nombreux centres cherchent à recruter des agents de sécurité pour assurer le contrôle des pass des clients. "Il s’agit de contrôler dans le cadre d’une politique de santé publique des pass sanitaires qui sont rendus obligatoires dans un certain nombre de lieux", détaille Claude Tarlet.

Mais le secteur de la sécurité privée peine à répondre aux sollicitations.

Des difficultés face au manque de main d’œuvre

"Il y a en ce moment une montée très forte de la demande", reconnaît Claude Tarlet. Mais en raison de la période estivale, il est difficile de répondre à la totalité des requêtes.

"Notre secteur était déjà très fortement sous tension, détaille le président de la fédération. Et on ne peut pas, parce que la loi encadre notre activité, recruter n’importe quelle personne dans n’importe quelles conditions."

En effet, afin de devenir agent de sécurité, il faut obtenir une carte professionnelle délivrée par le conseil national des activités privés de sécurité, "uniquement si la moralité et la compétence ont été justifiées."

"Certains de mes confrères hésitent à faire des propositions commerciales parce qu’ils ne sont pas certains qu’ils disposeront de la ressource nécessaire", reconnaît Claude Tarlet. Selon lui, la profession se trouve "dans un goulot d’étranglement."

"Quand il y a des demandes supplémentaires comme ça, pendant l’été, ça va forcément être plus compliqué", poursuit de son côté Cédric Paulin, secrétaire général du Groupement des Entreprises de Sécurité sur BFMTV.

"On va commencer sans doutes à manquer de bras puisque ça va monter en puissance", estime Cédric Paulin. "Le secteur de la sécurité privée est déjà en forte pénurie de main d’œuvre", regrette-t-il.

Les mêmes inquiétudes du côté du commerce

Invité également sur BFMTV ce lundi, Gontran Thüring, délégué général du Conseil national des centres commerciaux est lui aussi préoccupé par le déploiement du pass sanitaire dans les centres commerciaux.

"Ça concerne de très nombreux contrôles, précise-t-il. Je crois qu’on ne se rend pas très bien compte, de l’échelle du visitorat dans les centres commerciaux, notamment dans les plus grands où il peut y avoir jusqu’à 50.000 visiteurs par jour."

Il précise aussi que recruter des agents de sécurité, "en plein mois d’août ce n’est pas évident." Il estime qu’il faudrait recruter plus de 7000 agents de sécurité pour vérifier les pass sanitaires, si tous les centres commerciaux de plus de 20.000 mètres carrés étaient concernés. À l’heure actuelle, 126 centres commerciaux et grands magasins sont concernés par cette obligation.

"L’île-de-France, c’est à peu près 86.000 agents de sécurité et dans le Sud de la France on est à peu près à 50.000 agents de sécurité", précise de son côté le secrétaire général du Groupement des Entreprises de Sécurité. Il estime que le personnel affecté aux centres commerciaux dans ces zones-là représente 20.000 personnes.

Margot Hutton