BFM Business

La France vise 5% de lait produit en moins pour de meilleurs prix

La France est le deuxième producteur de lait européen après l'Allemagne.

La France est le deuxième producteur de lait européen après l'Allemagne. - Flickr cc - Alexandre Delbos

Le ministère de l'Agriculture va encourager les éleveurs à produire moins de lait en les payant pour cela, à raison de 14 à 24 centimes par litre, aide européenne incluse.

La France s'est fixé comme objectif de réduire de 5% sa production de lait au dernier trimestre 2016, dans le cadre du plan demandé par Bruxelles pour faire remonter les prix, a annoncé mardi le ministre de l'Agriculture.

"C'est la première fois depuis la fin des quotas qu'il y a la mise en oeuvre d'une régulation de la production" de lait en Europe, a souligné devant la presse Stéphane Le Foll, qui plaide depuis des mois pour ce type de mesures afin de résorber la surproduction. La baisse de 5% sera calculée par rapport au dernier trimestre 2015.

Un bonus d'encouragement 

Les éleveurs qui s'engageront à réduire leur production pourront bénéficier d'aides financières destinées à compenser le nombre de litres de lait non produits.

Cet argent viendra en majeure partie de l'enveloppe de 500 millions d'euros annoncée le 18 juillet par la Commission européenne pour l'agriculture en crise, dont une grande partie est destinée au secteur laitier. Parmi ces 500 millions, la France a obtenu une enveloppe spécifique de 50 millions d'euros. Bruxelles prévoit de payer aux éleveurs 14 centimes par litre de lait non produit.

Mais l'encouragement ne s'arrête pas là. La France rajoutera un bonus de 10 centimes par litre pour ses éleveurs, dans la limite de 5% de la production, a expliqué Stéphane Le Foll. Paris utilisera pour cela l'enveloppe de près de 50 millions d'euros allouée par Bruxelles en juillet, que le gouvernement va doubler avec des crédits nationaux pour atteindre un total d'environ 100 millions, a-t-il précisé.

Concrètement, un éleveur qui s'engagerait à produire 100 litres de lait en moins, touchera 24 centimes/l sur les 5 premiers litres (aide européenne et bonus français), puis 14 centimes/l sur les 95 litres suivants (aide européenne uniquement).

Modifier l'alimentation des vaches

Stéphane Le Foll a souligné avoir choisi de fixer l'objectif de baisse à 5% seulement, car il "ne souhaite pas la restructuration de la production laitière française" avec la disparition d'élevages.

Si les éleveurs étaient incités à réduire leur production de plus de 5%, ils pourraient en effet considérer qu'il vaut mieux ne pas poursuivre leur activité et mettre la clé sous la porte. À ce niveau, il est également possible de réduire la production de lait en modifiant l'alimentation des vaches plutôt qu'en les envoyant directement à l'abattoir, a expliqué le ministre.

Or l'abattage d'un grand nombre de bêtes risquerait d'engorger le marché de la viande bovine et de faire chuter les prix. Des mesures spécifiques pour cette filière seront annoncées dans les prochains jours. 

Date butoir: le 21 septembre

La France est le deuxième producteur européen après l'Allemagne, avec environ 25 milliards de lait par an (16% de la production européenne). Elle compte 3,7 millions de vaches laitières et 4,1 millions de vaches à viande (allaitantes), réparties dans 66.000 exploitations. On dénombre environ 130.000 éleveurs laitiers, souvent regroupés à plusieurs dans une même ferme. Une ferme laitière moyenne produit 400.000 litres de lait par an.

Les éleveurs devront déclarer la réduction de production de lait qu'ils envisagent pour le dernier trimestre 2016 avant le 21 septembre par téléprocédure.

A.R. avec AFP