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La fin annoncée des lampes halogènes au profit des LED en 8 questions

Le 1er septembre 2018, la plupart des lampes halogènes ne pourront plus être commandées par les magasins pour être mises en rayon mais ceux-ci pourront écouler leurs stocks. Les grandes gagnantes seront les ampoules LED basse consommation, en dépit de leurs prix plus élevés.

Introduites sur le marché européen il y a une dizaine d’années, les ampoules halogènes vont presque totalement disparaître des rayons des magasins d’ici quelques mois. Après le 1er septembre 2018, en application d'une réglementation européenne, la plupart d'entre elles ne pourront plus être introduites sur le marché européen par un fabricant ou un importateur, même si les stocks existants pourront continuer d'être écoulés. Exit donc, celles qui ont pourtant équipé pendant des années des lampadaires de salon ou des lampe de chevet. Explications en huit questions sur l'évolution accélérée qui bouleverse le marché des produits d'éclairage domestique sous le coup de la réglementation européenne.

1. Pourquoi les lampes halogènes vont-elles être interdites à la vente?

Les ampoules d'éclairage domestique ont été concernées au premier chef par la première directive européenne éco-conception. Datant de 2005, ce texte s'applique à ces produits au nom d'exigences d’efficacité énergétique et de durée de vie plus longue. Dans ce contexte de priorité accordée au développement durable et à l'écologie, la directive implique la disparition progressive des modes d'éclairage les plus gourmands en électricité, produisant plus de chaleur que de lumière. Les vieilles ampoules à incandescence (à filament) ont été interdites à partir de 2009 avec un abandon total au 1er janvier 2013. Puis ce fut le tour, à partir de 2015 et en plusieurs étapes, des ampoules halogènes, guère plus performantes que leurs aînées à incandescence: seuls 7% de l’énergie qu'elles consomment étant convertis en lumière.

Ampoule halogène 4.JPG
Ampoule halogène 4.JPG © Depuis le 1er septembre 2016, les lampes halogènes à flux lumineux dirigé à tension de secteur (alimentées sous une tension de 230 V) ne ne sont plus mises sur le marché. Syndicat de l'éclairage.

2. Quelles sont les ampoules concernées?

Depuis le 1er septembre 2016, une première catégorie de lampes halogènes (à flux lumineux dirigé) ne pouvait déjà plus être mise sur le marché (photo ci-dessus) : elle concernait des éclairages domestiques comme les lampes de chevet. La prochaine interdiction s'applique au 1er septembre 2018, aux halogènes à "flux non-dirigés" à tension de secteur (alimentés en 220/230 volts), des ampoules d'usage courant pour l'éclairage des pièces d'habitation (cf photo ci-dessous). Résultat, pratiquement toutes les lampes halogènes auront été retirées du marché à cette date puisqu'elles ne répondent plus aux exigences de l’Union Européenne en matière d’éco-conception et d'écologie.

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- © Syndicat de l'éclairage.

3. Les magasins pourront-ils vendre encore des halogènes ?

Cette interdiction s’applique à la première mise sur le marché européen. Autrement dit, les ampoules déjà en rayon avant le 1er septembre 2018 ne devront pas être retirées et pourront continuer d'être vendues aux consommateurs. "Les magasins ont la possibilité d’écouler tous les stocks existants. En revanche il leur est interdit de les reconstituer" rappelle le syndicat de l'éclairage.

4. Y-a-t-il des exceptions au retrait des ampoules halogènes ?

Les lampes halogènes dotées de culots G9 et R7s (photo ci-dessous), pour lesquelles il n’a pas encore été trouvé d’alternative plus efficace, restent pour l'instant disponibles dans le commerce.

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- © Syndicat de l'éclairage.

5. Le consommateur pourra t-il continuer d'utiliser des halogènes?

L'interdiction ne concerne, comme pour les ampoules déjà retirées du marché, que la distribution. Le consommateur reste libre de faire usage chez lui des lampes concernées par l'interdiction. S'il en a encore en stock chez lui, il pourra même continuer de remplacer les ampoules grillées par des modèles "bannis" à la vente. Dans le cas contraire, il aura intérêt à les remplacer, dès qu'elles seront hors d'usage, par des LED, moins gourmandes en électricité.

6. Toutes les LED peuvent-elles remplacer les halogènes bannies?

"Tous les types de lampes halogènes ne disposent pas d’équivalent en lampe LED" rappelle le syndicat de l'éclairage. Néanmoins, les LED bénéficient d’un double effet positif d’augmentation des volumes de production et d’amélioration de la technologie. Il faut en général entre un et deux ans pour rentabiliser le remplacement d’une lampe halogène par une lampe LED: c'est pourquoi elles ont déferlé dans tous les points de vente.

7. Les fluocompactes sont-elles une autre alternative aux halogènes?

Les autres ampoules basse consommation qui peuvent se substituer aux halogènes sont les fluo-compactes (munies de tubes blancs en spirale), qui seront toujours disponibles en rayon. Mais leurs performances en consommation d'énergie et en éclairage sont inférieures à celles du LED. En plus, elles doivent impérativement être recyclées et leur temps d'allumage reste parfois long.

8. Quel sera le coût pour le consommateur de cette interdiction?

Acquérir des ampoules LED (à partir de 5 euros l'unité) revient plus cher que l'achat des anciens modèles à incandescence ou halogène. Mais, leur durée de vie plus longue en moyenne (même si ce paramètre est dépendant de la qualité du circuit électronique intégré) ainsi que leur plus faible consommation d'électricité font des lampes LED d'indiscutables gagnantes sur le moyen terme. Elles consomment en effet 10 fois moins d’électricité qu’une incandescence, 6 à 8 fois moins qu’une halogène.

Frédéric Bergé