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La durée de vie des lave-linges a chuté en 8 ans

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- - CESAR MANSO / AFP

HOP, l’association de lutte contre l’obsolescence programmée, et Murfy, spécialiste de la réparation de gros électroménager ont publié ce lundi un rapport selon lequel la durée de vie des machines à laver le linge est passée de 10 à 7 ans ces 8 dernières années.

En huit ans, la durée de vie des lave-linges a diminué de 30%. C’est ce qu’affirment dans un rapport paru ce lundi l’association de lutte contre l’obsolescence programmée Hop et la start-up spécialiste de la réparation de gros électroménager, Murfy.

En 2010, les lave-linges toutes marques confondues, fonctionnaient en moyenne 10 ans. En 2018, leur durée de vie moyenne n’était plus de que 7 ans, selon les auteurs du rapport. Un état de fait qui les scandalise d’autant plus que les machines sont ultra-répandues dans les foyers français : 97% en sont équipés, et 2,7 million de nouveaux modèles sont écoulés chaque année.

Le rapport établit que les pièces de rechange qui permettraient de réparer ces appareils sont rendues inaccessibles et très chères par les fabricants. En particulier les pièces connues pour être les plus sensibles à l’usure, et nécessitant d’être fréquemment changées. C’est le cas de la carte électronique des appareils, qui causerait 30% des pannes, et coûterait au minimum 200 euros. Les auteurs posent même la question de "l’intentionnalité de l’irréparabilité" pour des concepteurs de machines comme les Coréens LG et Samsung.

Hop Murfy
Hop Murfy © -

6 pannes sur 10 liées à un manque d'entretien

Murfy note toutefois que 60% des pannes sont liées à un manque d’entretien de leur machine par leur propriétaire, et que la moitié du temps, aucune pièce détachée n’est nécessaire pour la réparer. Elle entend donc sensibiliser le consommateur sur ces thèmes, tout en admettant que "tout n’est pas de leur ressort".

D’autant que cette baisse de durée de vie des machines à laver le linge a des conséquences pécuniaires pour le consommateur. Elle leur coûterait 15 euros supplémentaires par an selon l’étude. Ses auteurs déplorent en outre l’empreinte écologique désastreuse de ces appareils, qui rejettent chaque année 1 million de tonnes de Co2 dans l’atmosphère.

Dans le cadre du débat sur le projet de loi anti-gaspillage qui commence mardi au Sénat, les auteurs du rapport réclament des mesures spécifiques pour forcer les fabricants à améliorer la durée de vie de leurs produits. Hop et Murfy proposent par exemple de rendre illégales "les techniques qui visent à entraver la réparation des appareils", d’imposer un indice de réparabilité dès 2021, et d’imposer l’installation de compteurs de cycles sur les lave-linges, sur le modèle des compteurs kilométriques pour les voitures.

Hop Murfy
Hop Murfy © -
Nina Godart