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L'UE enquête sur un Nutella moins bon en Europe de l'Est qu'ailleurs

Des pays d'Europe de l'Est accusent Ferrero de leur vendre un Nutella de qualité moindre par rapport au même pot vendu chez leurs voisins.

Des pays d'Europe de l'Est accusent Ferrero de leur vendre un Nutella de qualité moindre par rapport au même pot vendu chez leurs voisins. - John Sullivan - Getty Images - AFP

Une petite dizaine de pays dont la Hongrie, la République tchèque, la Pologne et la Slovaquie accusent Ferrero de vendre dans leur pays du Nutella de qualité dégradée dans les mêmes contenants qu'ailleurs.

Au menu du Conseil européen du 9 mars, un invité inattendu: le Nutella. Les 28 chefs d'État et de gouvernement de l'Union ont été invités à se pencher sur un problème concernant la célébrissime pâte à tartiner: certains pays d'Europe de l'Est accusent son fabricant, l'italien Ferrero, de leur fournir, dans le même emballage, un Nutella de qualité moindre.

Sept à huit pays, emmenés par la Hongrie, la République tchèque, la Pologne et la Slovaquie ont réussi à faire inscrire sur le communiqué final du conseil leurs préoccupations sur ce sujet. On y lit ainsi que "le Conseil européen accueille favorablement la décision de la Commission de s’emparer du sujet des produits alimentaires de qualités différenciées au niveau du Forum de haut niveau, en vue d’une amélioration de la chaîne d’approvisionnement alimentaire", rapporte Le Monde.

Prague, Bratislava, Budapest et Bucarest sont en effet convaincus que les grands groupes agro-alimentaires occidentaux vendent dans leurs pays des produits de piètre qualité, pourtant conditionnés dans les mêmes emballages qu'ailleurs dans le monde. Outre le Nutella, qu'ils accusent d'être plus sucré chez eux qu'ailleurs, leurs griefs concernent des saucisses, selon eux plus grasses et contenant moins de viandes qu'en Allemagne et en France. Mais aussi du Sprite, lui aussi à plus forte teneur en glucose, du Coca Cola à la recette "moins riche et moins complexe".

Des pratiques "humiliantes"

Selon un diplomate d'un des pays concernés, "ce n'est pas une question d'adaptation au goût local, mais de qualité des ingrédients, qui est dégradée". Ces accusations sont étayées par des analyses en laboratoire qu'a fait réaliser la Slovaquie. Elles montraient que 22 produits vendus à Bratislava, la capitale, présentaient un goût, une texture et une composition différente des mêmes produits, cette fois en rayon dans des magasins autrichiens.

"Ces pratiques sont humiliantes et créent deux catégories de citoyens dans l'Union", s'est insurgé le Premier ministre slovaque, Robert Fico. La pratique, si elle était avérée, n'est pas illégale. Les fabricants ont le droit de changer la composition de leurs produis en fonction des pays, à conditions qu'ils respectent les normes sanitaires en vigueur, et que tous les ingrédients soient marqués sur les étiquettes. En tout cas, Bruxelles prend l'affaire au sérieux. Les autorités sanitaires des pays membres sont invités à mener des enquêtes complémentaires. Ce que Le Monde voit comme une volonté de l'Union, à un moment critique, de ne surtout pas renforcer le sentiment des citoyens de certains pays de l'Est d'être des "citoyens de deuxième catégorie" en Europe.

N.G.