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L'Ile-de-France a encore augmenté sa masse de déchets ménagers

En 2018, le tonnage des déchets résiduels, c'est-à-dire ce qui reste dans la poubelle quand on a enlevé les déchets recyclables, voire compostables, s'est élevée à 6,86 millions de tonnes en Ile-de-France.

En 2018, le tonnage des déchets résiduels, c'est-à-dire ce qui reste dans la poubelle quand on a enlevé les déchets recyclables, voire compostables, s'est élevée à 6,86 millions de tonnes en Ile-de-France. - Dominique Faget-AFP

La masse des ordures résiduelles collectées a augmenté en Ile-de-France pour atteindre 6,86 millions de tonnes en 2018. En hausse depuis 2015. Les objectifs de réduction de la part allant en incinérateur ou en décharge pourraient ne pas être tenus, avertit l'Observatoire régional des déchets d'Ile-de-France.

En 2018, le tonnage des déchets résiduels, c'est-à-dire ce qui reste dans la poubelle quand on a enlevé les déchets recyclables, voire compostables, s'est élevée à 6,86 millions de tonnes en Ile-de-France, en hausse, selon l'Observatoire régional des déchets (Ordif). Il s'agit des déchets ménagers et professionnels. "Après une tendance à la diminution progressive, on observe une reprise conséquente, qui semble se confirmer en 2019" souligne cet observatoire.

52% des ordures résiduelles sont issues des ménages

Sur ces presque 7 millions de tonnes collectées en 2018, 52% sont issus des ménages, ce qui fait 3,56 millions de tonnes contre 3,48 millions de tonnes en 2017, soit 80.000 tonnes de plus en un an, et 19% viennent des entreprises, le reste (27%) venant des installations de traitement, selon l'Ordif (cf tweet publié ci-dessous).

Les ordures ménagères résiduelles (OMr) correspondent à l’ensemble des déchets jetés quotidiennement par les ménages en mélange dans le même bac, en dehors des bacs jaunes ou verts.

La baisse du tonnage s'est arrêtée en 2015

Le tonnage des déchets résiduels avait baissé jusqu'en 2015, avec 5,93 millions de tonnes, avant de repartir à la hausse, ce qui s'explique par plusieurs facteurs, dont "la fermeture de la Chine à nos matières premières" et le fait que "beaucoup d'actions sont faites par les collectivités mais (que) le tonnage par habitant évolue peu et la population augmente" en Ile-de-France, explique Blandine Barrault, de l'Ordif. "Il peut aussi y avoir la reprise économique" qui y contribue, ajoute-t-elle.

La décision de la Chine en 2018 de cesser l'importation de déchets plastiques a suscité le chaos sur le marché mondial du recyclage, obligeant les pays développés à trouver de nouveaux débouchés pour leurs déchets et submergeant plusieurs pays du sud-est asiatique.

La loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015 en France prévoit de réduire la quantité des déchets incinérés et enfouis: l'objectif est de réduire "l'élimination par stockage de moitié en 2025 avec une étape intermédiaire de -30 % en 2020, par rapport aux quantités admises en décharge en 2010".

En Ile-de-France, cela reviendrait à réduire la capacité totale des décharges à 2.057.334 tonnes en 2020 et 1.469.524 tonnes en 2025, selon l'Ordif. "Cependant, plusieurs arrêtés d'autorisation déjà délivrés s'étendent au-delà de ces échéances et maintiendront, pendant un temps, une capacité supérieure", relève l'Observatoire. "L'objectif de 2020 ne pourrait être atteint qu'à l'année 2027 et l'objectif de 2025 en 2028", poursuit-il.

Frédéric Bergé avec AFP