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L’Angleterre va supprimer les snacks des caisses des supermarchés

Un supermarché Tesco en Angleterre

Un supermarché Tesco en Angleterre - Flickr - CC

Le Premier ministre britannique Boris Johnson va bannir, d’ici 2022, les sucreries et snacks des caisses des supermarchés, dans le cadre de sa lutte contre le surpoids et l’obésité en Angleterre.

Présentoirs remplis de chips, bonbons et chocolats aux caisses des supermarchés, juste à la bonne hauteur pour que les enfants puissent attraper une confiserie et la glisser dans le caddie? Une astuce pour pousser les clients à la consommation, qui devrait être interdite en Angleterre à partir d'avril 2022, relate le Guardian.

Boris Johnson s’est engagé à réduire le surpoids et l’obésité en Angleterre, un problème qui concerne actuellement 63% des adultes et un tiers des enfants qui sortent de l’école primaire.

La promesse commence à se concrétiser… Le Premier ministre britannique a annoncé que les snacks, sucreries et autres produits riches en sucres et en graisses ne pourront plus être disposés aux caisses des supermarchés et dans les présentoirs de bout d’allées, une technique très utilisée pour susciter la tentation de dernière minute.

La mesure devrait être mise en place à partir de 2022 et concerner uniquement les magasins de plus de 185 mètres carrés.

Plus d'offres illimitées sur les boissons sucrées et gazeuses

Autre projet: interdire les promotions sur l’achat en gros d’aliments et de boissons riches en matières grasses et en sucres pour les magasins qui comptent 50 employés ou plus.

Des mesures similaires s’appliqueront aux sites web et interdiront les liens de vente vers des aliments mauvais pour la santé. Quant aux restaurants -on pense notamment aux fast-food-, ils ne pourront plus proposer d’offres illimitées sur les boissons sucrées et gazeuses.

Boris Johnson aurait décidé ces mesures après avoir été conduit en soins intensifs à la suite de la contraction du Covid-19. Il aurait alors pris conscience de la dangerosité du surpoids.

"Premier pas audacieux"

Graham MacGregor, président d’Action on Sugar, qui s'attaque à l’impact du sucre sur la santé, salue ce "premier pas audacieux pour restreindre la vente de malbouffe". Mais l'organisme reste prudent: "les ministres devront résister à tout effort de lobbying de la part de l’industrie alimentaire".

Aux Etats-Unis, en septembre, la Ville de Berkeley, proche de San Francisco, a adopté une ordonnance pour bannir des caisses les produits contenant plus de 5 grammes de sucres ajoutés ou plus de 250mg de sodium par portion.

En France, la même mesure avait été envisagée en 2008 par Roselyne Bachelot, alors ministre de la Santé, mais n’a jamais vu le jour.

Par Mélicia Poitiers