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Greenpeace dévoile son classement des fournisseurs d'électricité vraiment verte

Plus de dix ans après l'ouverture du marché à la concurrence, les fournisseurs d'électricité cherchent tous surfer sur les préoccupations environnementales des Français.

Plus de dix ans après l'ouverture du marché à la concurrence, les fournisseurs d'électricité cherchent tous surfer sur les préoccupations environnementales des Français. - Eric Cabanis-AFP

Greenpeace vient de publier une liste des fournisseurs d'électricité renouvelable ou non, pour permettre aux consommateurs de s'y retrouver. Les géants du secteur, EDF, Engie ou Total, sont désignés les plus mauvais élèves de classe, qui font peu ou pas appel aux énergies renouvelables.

Les offres d'électricité "verte" pour le grand public font-elles vraiment appel à des énergies renouvelables (éolien, solaire)? Selon Greenpeace, cela dépend des fournisseurs, et les plus importants seraient les moins "vertueux".

L'ONG a passé au crible 19 fournisseurs présents sur le marché français. Pour "démêlez le vert du faux", elle a établi son propre classement accessible en ligne, selon une méthodologie déjà éprouvée dans d'autres pays, notamment la Belgique.

Pour rendre "écolos" leurs offres, les fournisseurs se contentent souvent d'acheter un certificat dit de "garantie d'origine". Ce système atteste qu'une quantité équivalente d'électricité renouvelable (solaire, éolien, hydraulique) à celle qui a été utilisée par le client a bien été injectée dans le réseau d'électricité, en France ou ailleurs en Europe. "Cela signifie qu'un fournisseur d'offres vertes peut se contenter d'acheter de l'électricité produite dans une centrale à charbon ou nucléaire, du moment qu'il achète aussi un certificat vert", pointe l'ONG.

Trois petits fournisseurs, jugés "vraiment verts"

À l'aune de sa méthodologie qui tient compte de ces pratiques de certains fournisseurs d'électricité, Greenpeace a mis en tête de son classement trois petits fournisseurs: Energie d'Ici, Enercoop et Ilek. Ils ont été jugés "vraiment verts" parce qu'ils proposent une électricité à plus de 95 % renouvelable et soutiennent les petits producteurs d'électricité renouvelable.

Six autres sont "en bonne voie": Planète Oui, ekWateur, Energem-UEM, Gaz et Electricité de Grenoble (GEG), Sélia et Alterna. L'ONG juge qu'ils font des efforts en matière de renouvelables, mais encore insuffisants. Quatre sont encore jugés "à la traîne"/ Plüm énergie, La coopérative Lucia, Proxelia et Énergies du Santerre.

Carton rouge pour Total et ses offres Spring et Direct Energie

Le bas du classement est occupé par les grands nom de l'énergie: Total Spring, Direct Energie (racheté par Total), Engie et sa filiale Happ-e, EDF et sa filiale Sowee. À EDF, il est reproché de produire essentiellement une électricité d'origine nucléaire, une technologie à laquelle Greenpeace s'est toujours opposée en la jugeant "non seulement polluante mais aussi dangereuse".

Total Spring (ex-Lampiris), "achète et produit principalement de l'électricité non renouvelable. Quant à Direct Energie (détenu à 95% par le pétrolier français) en 2017, il "produisait et achetait encore principalement de l'électricité non-renouvelable" selon l'ONG.

Enfin, l'appréciation sur Engie est plus nuancée: Greenpeace lui reconnaît des efforts pour se débarrasser de centrales à charbon et investir dans les renouvelables. "Mais l'entreprise continue de produire une électricité fortement émettrice de gaz à effet de serre et très polluante", juge Greenpeace, qui pointe aussi du doigt son exploitation du parc nucléaire belge.

Frédéric Bergé