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En Suisse, on peut se faire livrer du cash en même temps que son repas

Les habitants de Genève, Lausanne, et Zurich peuvent se faire livrer des espèces chez eux.

Les habitants de Genève, Lausanne, et Zurich peuvent se faire livrer des espèces chez eux. - Alain Rouiller- Flickr- CC

Le service de livraison Smood, en partenariat avec une fintech, propose aux habitants de Zurich, Genève et Lausanne de faire d'une pierre deux coups. En plus de leur livrer de quoi déjeuner ou dîner, un coursier peut leur apporter jusqu'à 200 francs suisses en espèces.

Quand on une envie de sushi ou de burger mais la flemme de sortir de chez soi, on a, par définition, encore moins d'énergie pour aller retirer de l'argent au distributeur automatique. D'où cette idée d'une start-up suisse: répondre concomitamment à ces deux besoins en une seule commande. Le service de livraison de repas à domicile Smood propose ainsi à ses clients résidant à Zurich, Genève et Lausanne de leur apporter, en plus du repas commandé, l'argent liquide dont ils ont besoin.

Ce service inédit a été mis en place grâce à un partenariat avec Sonect, une fintech qui entend dématérialiser les distributeurs de billets en permettant le retrait d'espèces directement auprès de commerçants partenaires. Ce processus permet de faire l'économie des frais de retraits et de transferts bancaires.

Plafonné à 200 francs suisses dans un premier temps

C'est lors du passage de la commande d'un repas que le client indique la somme dont il a besoin. "Pour le lancement du service nous avons limité à 200 francs suisses (184 euros), mais le plafond sera prochainement relevé à 1000 francs suisses (920 euros)", explique Marc Aeschlimann, le CEO de Smood, qui détient également des parts dans Sonect. Le service répond à un vrai besoin car, contrairement à la France où les consommateurs paient le plus souvent en carte bancaire, l'utilisation du cash reste prépondérante en Suisse: 60% de transactions se font en espèces.

Le rôle de Sonect est d'assurer la transaction entre le compte bancaire du client et celui de Smood. Le client n'a donc pas à donner son code de carte bancaire pour obtenir les billets. Il devra néanmoins présenter au livreur qui se frappe à sa porte le QR code affiché dans l'appli Sonect pour valider la réception. Si le client joint sa demande de liquide à une commande de repas, il n'y a pas de supplément de frais de livraison. S'il fait une commande de cash seule, un forfait de 4 francs (3,70 euros) lui est réclamé.

En transformant ses livreurs de repas en petits convoyeurs de fonds, Smood ne fait-il pas courir un risque à ses livreurs? "Il faut savoir qu'ils circulent toujours avec du liquide sur eux. En Suisse, le taux de criminalité est très bas cela ne représente pas un danger supplémentaire", assure le dirigeant. "Je ne lancerais pas le même service en France", ajoute-t-il. De plus, les livreurs, qu'ils soient à vélo, scooteur ou en voiture, circulent sans aucune marque distinctive. Un anonymat qui constitue une protection de plus. 

Coralie Cathelinais Journaliste BFM Éco