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Des pommes génétiquement modifiées vont être commercialisées, une première

VIDÉO - Une entreprise canadienne va vendre aux États-Unis des pommes génétiquement modifiées, qui ne s'oxyderont pas une fois coupées.

Jusqu'à présent aux États-Unis, pays phare des OGM, on achetait surtout du soja ou du maïs génétiquement modifiés. Côté fruits, seule la papaye d'Haïti modifiée pour résister à un virus était sur le marché. Une tomate génétiquement modifiée a été commercialisée entre 1994 et 1996, mais s'est révélée être un échec commercial. Dorénavant, les Américains vont aussi pouvoir croquer des pommes OGM.

Une entreprise canadienne, Okanagan Specialty Fruits, située à Summerland en Colombie-Britannique, va vendre des pommes pré-tranchées à 400 supermarchés du Midwest américain, raconte Bloomberg. Ces pommes, qui s'appellent Arctic, ont pour particularité de ne pas brunir lorsqu'elles sont à l'air. Et ce grâce à une modification génétique.

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Des pommes OGM sur le marché français?

Jusqu'alors, si aucun producteur ne s'était lancé, c'était pour des raisons financières. Modifier génétiquement un fruit a un coût important et risque de s'avérer peu rentable. En effet, si le soja et le maïs sont modifiés, c'est principalement pour l'alimentation animale. Or un fruit n'a pas cette vocation. La pomme Arctic n'aura pour marché que l'alimentation humaine et aux États-Unis, les consommateurs prennent de plus en plus conscience de l'importance du "manger sain". Seul avantage pour Okanagan Specialty Fruits, sa pomme ne sera pas étiquetée OGM puisque la réglementation américaine ne force pas les entreprises à le faire, expliquent Les Échos.

Le marché français va-t-il voir déferler les pommes génétiquement modifiées d'Okanagan? Nous pourrions penser que l'entreprise canadienne profiterait du Ceta pour inonder l'Europe. Un expert de la question se veut rassurant: "Tous les produits qui entrent sur le territoire européen doivent respecter les normes phytosanitaires. Et ces normes stipulent que les OGM sont impropres à la consommation humaine". À titre d'exemple, il explique: "Si tout à coup, on se mettait à nourrir les cochons avec des pommes, ces pommes modifiées pourraient arriver sur le marché européen. Mais tant qu'elles sont destinées à la consommation humaine, cela ne sera pas le cas". Tant que la législation européenne ne change pas, le consommateur français peut continuer à manger ses pommes "naturelles".

D. L.