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Des pédiatres disponibles en ligne pour éviter la queue aux urgences

La téléconsultation devrait s’enrichir à l’avenir de photos et de vidéos, pour aider le médecin à établir son diagnostic.

La téléconsultation devrait s’enrichir à l’avenir de photos et de vidéos, pour aider le médecin à établir son diagnostic. - Pascal Lachenaud-AFP

Dispenser des conseils payants en pédiatrie par téléphone ou messagerie: c'est l'objet d'une plate-forme en ligne dédiée où sont inscrits une trentaine de médecins spécialistes.

Vous avez besoin d'un avis médical pour votre enfant fiévreux, sans vous déplacer? C'est l'objet du site internet pediatre-online.fr. Son service de consultation en ligne réunit une trentaine de médecins pédiatres prêts à dispenser leur conseil par téléphone ou par messagerie instantanée (chat). La plate-forme, lancée sur la base d'un investissement de 200.000 euros, veut recruter à l'horizon 2017, une centaine de pédiatres répartis sur tout le territoire.

Le service a reçu l'appui du conseil national de l'ordre des médecins. S'il n'est pas le premier site de téléconseil médicaux (medecindirect.fr, francemedecin.fr et mesdocteurs.com existent déjà), il est le seul à se focaliser sur une seule spécialité en France.

Son fondateur, le pédiatre Arnault Pfersdorff, part d'un constat simple: "82% des enfants qui viennent aux urgences pédiatriques n'ont rien à y faire. Car il y a beaucoup de bobologie en pédiatrie. Il ne s'agit pas de faire une consultation à distance mais on peut aider, par exemple, pour un problème d'allaitement ou pour traiter les boutons d'une varicelle".

Le site de téléconseil pédiatrique est ouvert tôt le matin et tard le soir

Le service "n'a pas vocation à remplacer une consultation ou un service d'urgence", insiste le Dr Arnault Pfersdorff. Il n'est pour l’heure qu'un service de téléconseil au sens strict et ne pose aucun diagnostic. Le pédiatre conseille, rassure et/ou oriente vers une prise en charge rapide si l’état de l’enfant le nécessite. Ce qui distingue ce service de la téléconsultation, service plus régulé, supposant un agrément, long à obtenir, de l'agence régionale de santé concernée.

Le site de téléconseil en pédiatrie est ouvert hors des horaires de consultations classiques : de 7 à 9 heures, de 12 à 14 heures et de 19 à 22 heures. Pour joindre l'un des 30 spécialistes disponibles, il y a deux méthodes. Par messagerie instantanée, il vous en coûtera un tarif forfaitaire de 15 euros. Par appel téléphonique, le tarif sera de 3 euros la minute, payables par carte bancaire. Les parents peuvent également envoyer des photos ou des vidéos de leur enfant au médecin.

Ces téléconseils médicaux ne sont pas remboursés par l'assurance-maladie. En revanche, des discussions sont en cours avec plusieurs grands groupes de mutuelles françaises qui sont intéressées pour intégrer ce service dans leurs offres (comme c'est le cas pour la prise en charge de l'osthéopathie).

Du côté de la rémunération des médecins. Les pédiatres sont payés à l'heure, quel que soit le nombre de consultations qu'ils réalisent. Une rémunération liée au nombre d’appels reçus ou de réponses apportées, serait contraire au code de la santé publique.

Axa reste un pionnier dans la téléconsultation médicale

Ce service de téléconseil est une réponse aux déserts médicaux alors que 68% des bassins de vie en France ne comptent aucun pédiatre libéral. La véritable parade au manque de médecins libéraux à l'échelon national consisterait en la multiplication de services de téléconsultation médicaux associés à un diagnostic et à une prescription sur ordonnance.

Pour l'instant, le géant de l’assurance Axa reste le pionner en la matière. Son service de téléconsultation est destiné aux bénéficiaires de sa complémentaire santé. Il ne coûte donc rien à l'assurance maladie. Déployé par Axa Assistance, après deux ans de discussions avec les autorités, il repose sur un pool de médecins installés au siège du groupe à Châtillon (Hauts-de-Seine).

Il n'en reste pas moins qu'outre l'agrément administratif difficile à obtenir pour les services de téléconsultation, l’absence de prise en charge de ces actes médicaux par l’assurance maladie constitue un frein majeur à leur essor.

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco