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Dégradations à Paris: quel impact économique en Ile-de-France?

De nombreux commerces ont été attaqués samedi

De nombreux commerces ont été attaqués samedi - FRANCOIS GUILLOT / AFP

Face aux violences à répétition en marge des manifestations des gilets jaunes dans la capitale, les commerçants franciliens craignent de voir leur activité tourner au ralenti, si ce n'est pas déjà le cas.

Le bilan est lourd. Selon la maire de Paris Anne Hidalgo, le coût des dégâts causés pour les seuls "mobiliers urbains" après la manifestation des gilets jaunes samedi à Paris est estimé entre 3 et 4 millions d’euros. Ajoutés à cela, les nombreux commerces attaqués ainsi que les 200 voitures brûlées.

Outre les dégâts matériels, c’est l’image même de Paris qui est dégradée. Et les hôteliers et commerçants qui venaient tout juste de se relever de l’impact désastreux des attentats de 2015 craignent une nouvelle chute de leur activité.

"Les dégâts sont considérables. Il y a d’abord les dégâts psychologiques, matériels et corporels, les stocks qui ont été volés, et puis la perte du chiffre d’affaires. Le mois de décembre est un mois particulier. Le chiffre d’affaires de décembre est souvent le double voire le triple d’un mois normal, donc la perte est importante. […] Il y a tout un système économique qui, aujourd’hui, commence à se gripper", observe Didier Kling, président de la Chambre de commerce et d’industrie d’Ile-de-France, laquelle s'emploie actuellement à recenser les commerçants touchés pour évaluer l’ampleur des dégâts.

Les taux d'annulation en hausse dans les hôtels 

Du côté de l’hôtellerie, les premiers chiffres sont loin d’être réjouissants. Les scènes de violence à Paris ont fait le tour du monde et semblent avoir rebuté nombre de touristes de se rendre dans la capitale. Selon le président du groupe hôtelier Astotel, Serge Cachan, les hôtels situés à Paris, loin des Champs-Élysées, ont enregistré un taux d’annulation ou de non-réservation de 10 à 15% tandis que les établissements installés à proximité de la célèbre avenue affichent un taux d'annulation ou de non-venue compris entre 20 et 40%.

Adjoint à la maire de Paris chargé du Tourisme, Jean-François Martins estime néanmoins que les éventuels effets néfastes pour le secteur de l’hôtellerie ne se feront sentir qu’à "long terme". Pour l’heure, "on a mis en place une veille quotidienne du nombre de réservations d’hôtels, d’avion, du volume de recherches pour visiter Paris. Aujourd’hui, nous n’avons pas de perte massive de désir de visiter Paris", assure-t-il.

En revanche, l’élu reconnaît que "l’inquiétude est plus forte du côté des commerces, notamment ceux près des Champs-Élysées". Mais, insiste-t-il, "le plus fort impact est sur l’image de Paris et il faudra mesurer son effet sur le long terme. J’ai bon espoir que ce qui s’est passé ne fera que tasser une courbe qui était largement en croissance".

Les grandes surfaces résistent en Ile-de-France

Reste que les supermarchés et hypermarchés franciliens résistent mieux que dans les territoires. Et pour cause, "il y a beaucoup plus d’hypermarchés où l’on va forcément en voiture" en région "et c’est précisément ce qui est bloqué" par les gilets jaunes, explique Laurent Zeller, président de Nielsen France.

Par rapport aux dix samedis précédant le démarrage le début du mouvement des gilets jaunes, les ventes des grandes surfaces au niveau national ont baissé de 8% samedi dernier quand elles ont augmenté de 4% en Ile-de-France.

Mais cette hausse reste très contenue en comparaison aux années précédentes à la même période. "Ce serait peut-être un +10% en temps normal pour les achats de Noël", note Laurent Zeller.

Paul Louis avec BFM Paris