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Coronavirus: la vente de produits de sevrage à base de nicotine limitée en pharmacie et suspendue sur internet

Les chercheurs s'interrogent sur l'effet de la nicotine contre le coronavirus

Les chercheurs s'interrogent sur l'effet de la nicotine contre le coronavirus - AFP

Un arrêté publié ce vendredi au Journal officiel encadre la vente des produits à base de nicotine alors que plusieurs études s'interrogent sur la faible proportion de fumeurs parmi les malades du coronavirus.

Alors que plusieurs études émettent l’hypothèse selon laquelle les fumeurs seraient moins touchés par le coronavirus, le gouvernement a décidé de prendre des mesures pour encadrer la vente de produits à base de nicotine. 

Un arrêté publié ce vendredi au Journal officiel indique que le vente de "spécialités contenant de la nicotine et utilisées dans le traitement de la dépendance tabagique" est désormais "limitée au nombre de boîtes nécessaire pour un traitement d’une durée de 1 mois". Et ce, jusqu’au 11 mai, date du début de déconfinement. Le texte précise que "le nombre de boîtes dispensées est inscrit au dossier pharmaceutique, que le patient ait ou non présenté une ordonnance médicale". Par ailleurs, le vente sur internet des produits à base de nicotine est "suspendue".

Mardi, le Directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, a d'ailleurs appelé les Français à ne pas utiliser de patch de nicotine s'ils ne sont pas eux-même fumeurs. "Ceux qui ne fument pas ne doivent absolument pas en utiliser, car il existe beaucoup d'effets secondaires: vomissements, malaises, et addictions", a-t-il souligné. 

Des études qui intriguent

Une étude américaine américaine portant sur plus de 7000 personnes atteintes du Covid-19 démontrait que seulement 1,3% d’entre eux étaient fumeurs, soit dix fois moins que le taux de fumeurs aux Etats-Unis. D’autres travaux réalisés en Chine ont abouti à des conclusions similaires. 

Plus récemment, une étude française menée auprès de 350 malades hospitalisés et 150 plus légers tous atteints du Covid-19 révélait que 5% des patients étudiés étaient fumeurs alors que le taux de fumeurs quotidiens est de 25,4% en France. 

"On a quelque-chose de très particulier avec le tabac. On a constaté que l'immense majorité des cas graves ne sont pas des fumeurs, comme si (...) le tabac protégeait contre ce virus, via la nicotine", expliquait il y a quelques jours le directeur du comité scientifique contre le Covid-19 Jean-François Delfraissy.

Il faut bien entendu rester très prudent. Et quel que soient les résultats de ces études, "le tabac ne sera pas une solution contre le Covid-19, ce serait traiter sa pneumonie à la kalachnikov. La cigarette il faut toujours arrêter, fumer ne sera jamais positif", rappelait la semaine dernière à BFMTV Bertrand Dautzenberg, ancien pneumologue et président de Paris Sans Tabac.

Paul Louis