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Coronavirus: ces entreprises ont décidé de produire du gel et des masques pour lutter contre la pénurie

Ces derniers jours, des entreprises petites ou grandes ont décidé de réduire la production de ce qu'ils fabriquent habituellement pour dédier leurs machines à la préparation de gel hydroalcoolique ou à la confection de masques de protection.

Des grands groupes comme des PME, venus de la cosmétique, du textile ou de la vapote. Tous réorientent leur production vers du matériel indispensable en cas de pandémies: du gel désinfectant et des masques respiratoires. 

Le plus visible, c’est LVMH, qui a annoncé ce week-end que les laboratoires de ses marques Dior, Guerlain et Givenchy, allaient désormais produire du gel hydroalcoolique. Les trois sites, près d’Orléans, Chartres ou Beauvais, vont remplir des flacons “en grande quantité”, qui seront ensuite “livrés gracieusement aux autorités sanitaires françaises”, et ce “pendant le temps nécessaire”, a fait savoir le numéro un mondial du luxe. 

Dans l’ombre du géant, des PME ont déjà pris les devants face aux pénuries de gel. Comme Lips, dont l’usine située dans la banlieue de Nantes fabrique d’ordinaire des liquides pour e-cigarettes. Elle s’y est mise depuis le passage en stade 2 il y a plus d’une semaine. 

Des grosses commandes tout de suite

“Nous entendions parler de pénuries, et nous savions que nous étions capables d’en fabriquer: nous avions l’essentiel des matières premières, des cuves, des machines pour le conditionnement en flacon, et tout pour imprimer les étiquettes. Nous avons juste dû commander quelques matières premières en plus”, souligne Jonathan Harvey, porte-parole de la marque. Ensuite, “nous avons démarché nos voisins de la zone industrielle, des pharmacies et des magasins de proximité, et ils nous ont tout de suite passé de grosses commandes”, se félicite Jonathan Harvey. 

Dans la cosmétique aussi, comme chez LVMH, pendant que les boutiques ferment et que les exportations deviennent compliquées, on se met à fabriquer du gel. Chez Lessonia par exemple, un groupe breton qui fabrique des produits de beauté pour des grandes marques. 

“Il y a deux trois semaines, on a reçu énormément de demandes de gel hydroalcooliques de gens désemparés, et qui nous demandaient si on pouvait en faire puisqu’on fabriquait déjà des gels pour la cosmétique. On avait le matériel, et on s’est lancé. Puis les médias ont commencé à faire des articles sur nous, et on a reçu encore plus de demandes. Des autorités pour les municipales, de l’armée, d’hôpitaux. Là on n’arrive plus à suivre parce qu’on manque d’alcool, un des ingrédients de base pour le gel. On n’est pas à plein régime juste parce qu’on manque d’alcool”, détaille Sebastien Guillotin, le directeur commercial de Lessonia.

2000 flacons vendus en une demi-journée

Il faut dire que les besoins atteignent actuellement des niveaux hallucinants, bien supérieurs à ce qu’on voyait au moment de l’épidémie de H5N1. "Les pharmaciens nous racontent vendre 1000 à 2000 flacons en une demie journée", illustre le porte-parole.

Désormais, Lessonia envisage aussi "d’acheter la machine pour faire des masques de protection”, l’autre objet indispensable en temps de pandémie, qui manque un peu partout dans le monde aujourd’hui. 

En France, jusqu’à peu, seuls trois seuls ateliers fabriquaient des masques médicaux. En ce moment, ils tournent à fond, 24 heures sur 24, sans parvenir à honorer toutes les commandes. Mais de petits nouveaux s’y mettent, tout particulièrement du secteur du textile, comme par exemple la marque L’indispensac, qui vend d’ordinaire des sacs en tissus à personnaliser. 

Son prestataire, les Tissages de Charlieu, situés en Rhône-Alpes, vient de concevoir un proptotype de masque de protection lavable. Ce lundi, ils attendaient que la Direction générale de l’armement octroie sa validation à leur produit. S’ils l’obtiennent, toute leur usine se consacrera à 100% à fabriquer ces masques, pour atteindre 100.000 unités par jour. Les Tissages de Charlieu prévoient même de donner les patrons et toutes les indications nécessaires à toute autre usine textile qui voudraient en produire. 

Nina Godart