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Cette collection de vêtements est-elle l'avenir de la haute-couture?

Des mannequins vêtues de la tête aux pieds de pièces imprimées en 3D. Une première dans la haute-couture.

Des mannequins vêtues de la tête aux pieds de pièces imprimées en 3D. Une première dans la haute-couture. - Danit Peleg

Une jeune créatrice israélienne a réalisé une première mondiale: une première collection de "haute-couture" entièrement imprimée en 3D.

Les petites mains de la haute-couture ont-elles du souci à se faire? Si on n'en est pas encore là, l'initiative de Danit Peleg, une créatrice israélienne, est une petite révolution pour le secteur. La jeune femme de 27 ans vient en effet de dévoiler la toute première collection entièrement réalisée en impression 3D. Si certains créateurs avaient déjà utilisé cette technologie pour fabriquer quelques modèles, personne n'était allé aussi loin qu'elle dans la conception de vêtement en impression de 3D. Des jupes aux robes en passant par les talons hauts, tout ce que portent ces mannequins (hormis les sous-vêtements peut-être...) est sorti d'une imprimante Witbox vendue 2.000 dollars dans le commerce. 

Les imprimantes utilisées par la créatrices israélienne coûtent 2.000 dollars dans le commerce.
Les imprimantes utilisées par la créatrices israélienne coûtent 2.000 dollars dans le commerce. © Danit Peleg

Peut-on toujours alors parler de haute-couture s'il s'agit d'un processus industriel et potentiellement reproductible? Oui car outre leur design complexe (la matière plastique doit imiter le textile et avoir une certaine souplesse), ces vêtements sont en fait des assemblages de morceaux de format A4 imprimés puis collés entre eux. L'imprimante 3D se substitue ici au métier à tisser pas à celui de couturière qui devient colleuse pour l'occasion.

L'impression 3D peine à vraiment décoller

Un travail complexe (certaines pièces ont réclamé plus de 300 heures de travail) qui explique le prix élevé des robes dont certaines coûtent 3.400 euros. Pas vraiment à la portée de toutes les bourses.

Si l'impression 3D s'attaque à de nouveaux domaines, son avenir auprès du grand public reste pour le moment incertain. Les études des cabinets spécialisés sont en tout cas contradictoires. Si Gartner voit le marché décoller d'ici 2018 pour atteindre 13,4 milliards de dollars dans le monde, son concurrent CCS Insight estime que l'impression 3D n'atteindra même pas les 5 milliards de dollars à cette échéance. Pour l'heure en effet les modèles d'imprimantes abordables ne propose que de l'impression de matière plastique. Ce qui limite les usages à quelques gadgets. Ou à des robes donc à plus de 3.000 euros... 

Frédéric Bianchi