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Auchan paie cash son maintien de la stratégie hypermarché

Avec une perte nette de plus d'un milliard d'euros constatée en 2018 et de plus d'un milliard et demi au premier semestre 2019, le géant de la grande distribution s'est résolu à enclencher un nouveau plan de redressement.

La crise dans le secteur de la grande distribution se poursuit. Face à des consommateurs plus nomades et plus exigeants, la grande distribution subit, depuis quelques années, les affres d'enseignes apôtres du "consommer mieux" à l'instar de Naturalia ou de Biocoop côté alimentation, de Nicolas pour le vin, ou encore de Sephora et de Kiko pour la beauté. 

Dans un marché où la concurrence est rude et où l'ère de l'hyper-consommation ne séduit plus, certains acteurs comme E. Leclerc et Les Mousquetaires parviennent encore à tirer leur épingle du jeu (+0,1% de part de marché pour E. Leclerc en 2019 par rapport à 2018 à 21,3%) détaille Le Parisien. Mais d'autres enseignes n'ont pas cette chance et s'essoufflent – parfois de manière spectaculaire – d'année en année.

Auchan ne fait pas exception à la règle. Ce lundi après-midi, ses représentants syndicaux - qui s'inquiètent de la possible suppression d'au moins 1.000 emplois - seront reçus par la direction de l'enseigne à Villeneuve d'Acsq (Nord). Et ce, bien que la direction ait déclaré n'avoir, pour le moment, envoyé aucune convocation officielle.

"Je suis sollicité de toutes parts par les médias qui m'informent d'un plan de départs volontaires dans l'entreprise pour une cible de 1.000 personnes !", a écrit Gérald Villeroy, délégué syndical CGT chez Auchan Retail France, dans un courrier daté du 31 décembre adressé à la direction des ressources humaines.

"J'ose pouvoir espérer d'une rencontre rapide avec l'ensemble des DSR (délégué syndicaux Retail) sur ce sujet, qui malheureusement fait déjà couler beaucoup d'encre", ajoutait-il. Il a indiqué à l'AFP que la direction avait ensuite appelé les représentants syndicaux pour les convier lundi après-midi à Villeneuve d'Ascq. Frédéric Montay, délégué syndical FO, a confirmé que son syndicat avait été invité. "On ne sait pas à quoi s'attendre", a-t-il déclaré à l'AFP.

1,145 milliard d'euros de perte nette en 2018

Et si les représentants syndicaux se révèlent si inquiets, c'est bien parce qu'Auchan ne cesse de perdre des parts de marché d'année en année et que sa stratégie visant à maintenir le modèle de l'hypermarché ne convainc plus les consommateurs. Or, 80% du chiffre d'affaires d'Auchan est aujourd'hui réalisé au sein de ses hypermarchés.

Le groupe de distribution avait déjà lancé un premier volet de son plan de "redressement" au printemps 2019, avec la cession de 21 sites concernant potentiellement entre 700 et 800 salariés. En juillet, la direction avait affirmé avoir trouvé des repreneurs pour dix des sites mis en vente.

Propriété de l'Association familiale Mulliez (AFM), Auchan Holding a enregistré une perte nette de 1,145 milliard d'euros pour l'ensemble de l'année 2018.

J.C-H avec AFP