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Attaques anti-élevage: "l'élevage français en péril", selon les fabricants d'aliments

Une manifestation L214

Une manifestation L214 - GUILLAUME SOUVANT / AFP

Les industriels de l'élevage s'inquiètent de la montée des attaques d'associations écologistes alors qu'ils assurent travailler à améliorer l'impact environnemental de leurs activités.

L'élevage en France, qui représente quelque 880.000 emplois en tout, est un secteur "en péril" avec les "attaques incessantes" dont les filières animales font l'objet de la part de différentes organisations, a estimé mercredi le président du syndicat national de l'industrie de la nutrition animale (SNIA).

Fustigeant aussi bien la publication de vidéos par l'association L214 que diverses manifestations opposées aux OGM ou aux pesticides, le président du SNIA François Cholat a estimé que les premiers secteurs d'élevage en danger en France sont ceux "de la volaille et du porc". "Puis viennent les ruminants", a-t-il dit à l'AFP en marge d'une conférence de presse.

"Ces attaques sont inadmissibles, on détruit des bâtiments, des collaborateurs sont menacés par téléphone, nous avons même eu un cas d'appel au suicide pour lequel une plainte a été déposée" a ajouté M. Cholat.

"Le discrédit jeté sur l'élevage donne le champ libre aux importations et met en danger notre souveraineté alimentaire et la qualité sanitaire de notre alimentation", a expliqué le SNIA dans un communiqué diffusé parallèlement à la conférence de presse.

Selon lui, le danger est d'autant plus grand de voir des jeunes abandonner ce métier qu'il est peu rémunérateur et très contraignant pour la vie privée.

"De plus, nous travaillons sans cesse à améliorer l'impact environnemental de nos activités" a insisté M. Cholat, regrettant que les facteurs positifs pour l'environnement de l'élevage soient "méconnus du grand public": "entretien des paysages, maintien de la biodiversité, et stockage du carbone", a-t-il énuméré.

Les élevages français perdent du terrain

Depuis 2016, les entreprises de nutrition animale ont en particulier créé la plate-forme Duralim où sont représentés aussi bien les gros traders internationaux et fournisseurs de grains, comme les américains Cargill ou Bunge, que les supermarchés, dernier maillon de la chaîne agroalimentaire, pour parler de l'amélioration environnementale de la nutrition animale et de l'amélioration du bien-être animal.

Le sujet des importations de soja OGM du Brésil ou des Etats-Unis, auxquelles les fabricants d'aliments pour bétail font largement appel, y est notamment régulièrement débattu, avec un objectif "zéro deforestation" à l'horizon 2025, a indiqué le SNIA. "L'exposition aux antibiotiques des animaux d'élevage a par ailleurs baissé de 34% en quatre ans" a ajouté l'organisation.

Selon M. Cholat, les élevages français, soumis à une pression sociétale et environnementale forte qui renchérit leurs coûts d'exploitation, ont perdu 5% de part de marché depuis le début de l'année dans la volaille, face à la Pologne notamment. Pour le porc, "c'est plus diffus, mais les élevages français perdent entre 1% et 2% de marché par an surtout par rapport à la concurrence espagnole".

F.B. avec AFP