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AstraZeneca saura cet automne si son vaccin contre le coronavirus est efficace

Invité sur le plateau de Good Morning Business, le patron de la branche française du laboratoire est revenu sur le développement du vaccin, qui est entré dans la dernière phase des essais cliniques.

AstraZeneca sera-t-il le premier à mettre un vaccin contre le Covid-19 sur le marché ? "Nous sommes partis pour être les premiers" souligne Olivier Nataf, président pour la France du laboratoire britannique AstraZeneca. Sur le plateau de Good Morning Business ce mardi, ce dernier reste néanmoins prudent sur les résultats de la phase 3 du développement (dernière phase des essais cliniques avant l'éventuelle commercialisation), celle qui apportera des résultats concrets. "La phase 3, c'est quand nous sommes dans une phase où on peut inclure beaucoup de patients" explique-t-il. "A l'automne, nous aurons plus de 50.000 patients" dont 30.000 aux Etats-Unis qui apporteront "des résultats crédibles" que soit "positif ou négatif".

"Nous aurons cette possibilité de conclure sur l'efficacité du vaccin, et sa sécurité, à l'automne" tranche ainsi Olivier Nataf qui rappelle que l'Allemagne, la France, l'Italie et les Pays-Bas ont signé un accord pour garantir la fourniture à l'Union européenne de 300 millions de doses de cet éventuel vaccin contre le coronavirus.

Course contre la montre

Les quatre pays ont signé un accord avec le groupe, né en 1999 de la fusion du Suédois Astra et du Britannique Zeneca, qui prévoit l'approvisionnement de l'ensemble des pays membres de l'Union européenne dès qu'un vaccin contre le Covid-19 sera découvert, a indiqué, la semaine dernière, le ministère allemand de la Santé.

Le groupe pharmaceutique a de son côté estimé samedi dans un communiqué que le nombre de doses pourrait aller jusqu'à 400 millions. La Commission européenne avait défendu vendredi l'idée auprès des pays de l'UE de se regrouper pour garantir un accès privilégié à un futur vaccin. Elle plaidait notamment pour la mise en place de contrats d'achats anticipés.

Au moment où les laboratoires tentent de trouver un vaccin en un temps record -douze à 18 mois, contre plusieurs années en temps normal-, ces avances sur paiement leur permettraient d'investir dans les capacités de production, alors que les essais cliniques sur les humains ne sont pas encore finalisés.

Dizaine de projets de vaccins

Cet engagement donnerait le droit aux Etats membres d'acheter un certain nombre de doses à un certain prix une fois le vaccin disponible, en contrepartie du risque pris en matière d'investissements.

Les principaux groupes pharmaceutiques sont engagés dans une course pour développer un vaccin contre le coronavirus, qui a jusqu'à présent fait plus de 417.000 morts et infecté plus de 8 millions de personnes dans le monde. Au total, une dizaine de travaux sur différents vaccins ont atteint le stade des essais cliniques dans le monde.

Thomas Leroy avec l'AFP