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A 70 ans, Duralex ne cède toujours pas sur la qualité Made In France

Les Picardie, ces verres de cantine désormais devenus vintage, sont produits en France depuis 70 ans. Pour le dirigeant de Duralex, le Made in France est une force à l’exportation, mais un défi à relever au quotidien.

Depuis des décennies, des générations de Français ont trempé leur lèvres dans des Picardie, ces verres marqués d’un logo qu’ils gardent toujours en mémoire: "Duralex, Fabriqué en France". Après une longue période difficile, au cours de laquelle l’entreprise du Loiret a failli disparaître du territoire, le nouveau dirigeant Antoine Ioannides, croit toujours à la production française. C’est le témoignage qu’il est venu transmettre lors de la 1ère journée du Produire en France. Ce congrès, qui se tient les 10 et 11 septembre à Reims, est organisé par Yves Jego et Arnaud Montebourg.

L’idée de cette manifestation est claire. Pour Arnaud Montebourg, ex-ministre de l’économie et apôtre de la production française, il s’agit "d’aider les entreprises qui pratiquent, soutiennent la fabrication française et créent des emplois en France, de défendre les savoir-faire français et de mobiliser tous les Français en faveur du patriotisme économique, grande cause nationale."

Depuis sa reprise de l’entreprise en 2008, Antoine Ioannides est convaincu que ce combat doit être mené avec vigueur. Il a repris l'entreprise au bord de la faillite en 2008 et depuis il se démène pour faire vivre la marque en France, mais aussi dans le monde entier. "C'est notre savoir-faire on produit en France et on met ça en avant parce qu'il y a beaucoup de gens qui essaient de nous imiter et nos clients, surtout ceux du Proche-Orient, veulent le Picardie fabriqué en France ".

Un code du travail qu’il faut à tout prix changer

La marque est certes réputée au Proche-Orient mais pas seulement. Elle s’est fait un nom en Inde, en Chine ou au Brésil. Les produits s'exportent dans 100 pays différents. Et malgré tout, pour le dirigeant, "il n’est pas question de délocaliser". Même si les choses ne sont pas si roses que cela. Il reconnaît que le produire en France est une évidence, mais c’est aussi un défi. "C'est un argument de vente. Mais ce n’est pas suffisant, nous avons beaucoup de contraintes en France, comme un code du travail archaique, qu’il faut changer à tout prix."

En attendant, Duralex a réussi à sauver les 200 emplois de l'usine de la Chapelle-Saint-Mesmin près d'Orléans. A l'âge d'or ils étaient 1.200. Et pour les salariés, cette motivation du dirigeant a apporté un peu d’espoir dans le futur de l'entreprise.

Carlos Bedulo travaille sur les lignes de production de la verrerie depuis 15 ans. Il a connu 4 patrons différents. "Aujourd'hui on est plus serein, on voit déjà plus à long terme. C'est une atmosphère plus intéressante pour nous et plus agréable pour le travail". Depuis 8 ans, l’usine est rentable. Le chiffre d'affaire devrait grimper à 34 millions d'euros cette année. L'aurait-elle été plus si elle avait cédé aux sirènes de la délocalisation? Rien n'est moins sûr.

Laura Orosemane, édité par Pascal Samama