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1er-Mai: des supérettes parisiennes prises en flagrant délit d'ouverture illégale

Supermarché.

Supermarché. - Charly Triballeau - AFP

Des militants du Comité de liaison intersyndicale du Commerce de Paris, accompagnés de deux huissiers, se sont rendus le 1er-Mai dans 70 supérettes parisiennes. Le but : prouver en faisant quelques achats qu'elles étaient ouvertes en ce jour chômé et lancer une procédure contre les contrevenants.

Le 1er-Mai, jour de la fête du Travail est un cas unique dans le calendrier: c'est le seul jour férié, chômé et payé. Mais certaines entreprises passent outre, comme les supermarchés de proximité. Le Comité de liaison intersyndicale du Commerce de Paris (CLIC-P) a organisé mardi une action pour prendre en flagrant délit les supérettes qui ne respectent pas le droit du travail. En effet, seules les entreprises dont la nature de leur activité ne leur permet pas d'interrompre le travail, comme les restaurants, les hôpitaux, les sociétés de transport ou encore les fleuristes, ont le droit de faire travailler leurs salariés le 1er-Mai.

Une quarantaine de militants et deux huissiers mandatés par les syndicats, ont rendu visite à quelque 70 commerces parisiens, situés dans les XIe XIIe et XXe ainsi que dans les IIe, Xe et XIXe, selon Le Parisien. Ils ont visé des magasins qui avaient déjà fait l'objet de procédure judiciaire, voire de condamnation pour ouverture illégale.

Les enseignes avaient été prévenues

Dans un communiqué publié le 30 avril, le syndicat avait prévenu les grands groupes de distribution qu'il serait vigilant sur les ouvertures de commerces ce jour-là. Carrefour, Casino, Monoprix, Auchan, Intermarché ont ainsi reçu un courrier les avertissant que "ces ouvertures illicites ne resteront pas sans suite".

Le principe de cette opération de terrain est simple: les militants ont effectué des achats pour prouver que les magasins étaient ouverts à une heure où ils n'auraient pas dû. Les tickets de caisse, sur lesquels figurent date et jour d'achats, constitueront des preuves devant les tribunaux.

"Nous aurons dans quelques jours les détails des constats d’huissiers, mais la quasi intégralité des supérettes visitées étaient en infraction", a déclaré au quotidien Eric Scherrer, délégué Seci-Unsa. Une procédure au civil sera lancée contre ces magasins.

Le Clic-P dénonce une dérive qui s'accélère depuis deux ans. "A part dans certaines chaînes, qui à force d’être condamnées, restent dans les clous. Mais on compte tout de même à Paris quelque 150 commerces qui ouvrent régulièrement dans l’illégalité, ce qui concerne près de 600 salariés", explique Eric Scherrer. Les supérettes s'exposent à des contraventions de 750 euros par employé travaillant indûment ce jour-là. Et ce même si les salariés assurent être consentants et payés double, comme le veut le code du Travail

C.C.