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Chute des ventes de rasoirs Gillette, les barbus sont-ils responsables?

Le groupe Procter and Gamble (P&G)  qui a racheté les rasoirs Gilette en 2005

Le groupe Procter and Gamble (P&G) qui a racheté les rasoirs Gilette en 2005 - Dia Dipasupil / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Malgré la hausse des ventes de détergents et de déodorants, la chute des ventes de rasoirs Gillette a des conséquences sur les résultats du fabricant américain Procter and Gamble (P&G).

Le fabricant américain de produits ménagers et d'hygiène Procter and Gamble (P&G) a annoncé jeudi des résultats trimestriels contrastés, marqués par des ventes décevantes en raison d'une mauvaise passe pour les rasoirs Gillette.

Le groupe, qui commercialise les détergents Tide et les déodorants Old Spice, a certes enregistré une hausse de 4,6% du chiffre d'affaires à 18,24 milliards de dollars au deuxième trimestre de son exercice fiscal 2020 devant se clôturer le 30 juin, mais c'est en dessous des anticipations des marchés financiers. Ces derniers espéraient 18,37 milliards.

Cette légère contre-performance s'explique par le dollar fort et surtout par le déclin des volumes de ventes dans la division rasoirs, qui pâtit d'une concurrence féroce et de fluctuations des taux de change.

Le groupe, qui a racheté les rasoirs Gillette en 2005, a ainsi dû déprécier en juillet des actifs à hauteur de 8 milliards de dollars et a essayé de baisser les prix afin de contrer la progression des marques préférées des millennials (17-35 ans) comme Harry's et Dollar Shave Club.

Forte demande pour les produits de soins de peau

Hors rasoirs, les recettes générées par les autres divisions ont avancé, la société ayant augmenté ses prix pour contrer la hausse des prix des matériaux de base utilisés dans leur fabrication.

Tirées par une forte demande pour la marque des soins de la peau Olay, les ventes de produits de beauté ont progressé de 7%, tandis que le chiffre d'affaires des produits pour la maison, premier contributeur aux ventes, ont augmenté de 4%.

Dans l'ensemble, Procter and Gamble a dégagé un bénéfice net de 3,72 milliards de dollars, en hausse de 16,4%. Rapporté par actions et hors éléments exceptionnels, le bénéfice est de 1,42 dollar, davantage que le 1,37 dollar attendu en moyenne par les analystes financiers. La société s'est par ailleurs montrée optimiste pour l'ensemble de l'exercice, relevant ses principaux objectifs financiers.

Elle table désormais sur une hausse des ventes comprise entre 4 et 5% contre de 3 à 5% auparavant, tandis que le bénéfice ajusté par action, référence en Amérique du Nord, devrait bondir de l'ordre de 8 à 11% contre de 5 à 10% précédemment.

Cette progression des résultats annuels que fait miroiter Procter and Gamble est fondée principalement sur le fait que le groupe a cédé des actifs sous-performants et a acquis de nouvelles activités comparé à l'exercice fiscal précédent. A Wall Street, le titre perdait 2,20% à 123,31 dollars vers 12H45 GMT dans les échanges électroniques de pré-séance.

P.S. avec AFP