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Ce que pèse le volet militaire du plan de sauvetage de l'aéronautique

Le ministère des Armées va passer dès cette année des commandes d'aéronefs militaires prévues plus tardivement, à hauteur de 600 millions d'euros auxquels s'ajoutent 232 millions d'euros pour la sécurité civile et la gendarmerie

Le ministère des Armées va passer dès cette année des commandes d'aéronefs militaires prévues plus tardivement, à hauteur de 600 millions d'euros auxquels s'ajoutent 232 millions d'euros pour la sécurité civile et la gendarmerie - Ministère des Armées

Le ministère des Armées a décidé d'anticiper des commandes pour soutenir la filière aéronautique pour un montant total de 832 millions d'euros permettant ainsi de sauvegarder près de 2.000 emplois stratégiques. Pour Florence Parly, c'est un enjeu de "souveraineté".

La partie dédiée à la défense du plan de soutien économique à la filière aéronautique française annoncé ce mardi par le ministre de l'Economie Bruno Le Maire est loin d'être négligeable. Le ministère des Armées a annoncé l'accélération de commandes pour un montant de 600 millions d’euros afin d’aider dès cette année les entreprises les plus en difficulté.

A ces commandes militaires s'ajoutent celles pour la sécurité civile et la gendarmerie qui représentent un budget de 232 millions d'euros pour deux hélicoptères EC-145 (32 millions d'euros) et dix EC-160 (200 millions d'euros). En totalité, le montant total des commandes anticipées annoncées par Florence Parly atteint donc 832 millions d'euros.

Une modernisation nécessaire

Ce n'est pas du luxe. Comme le rappelle le site spécialisé Opex360, le général Philippe Lavigne, le chef d’état-major de l’armée de l’Air, a rappelé à diverses occasions la nécessité de remplacer du matériel âgé et technologiquement dépassé.

Trois avions ravitailleurs multirôle A330 - MRTT Phénix viendront enfin remplacer les A310 et A340 de l’armée de l’air, dont l’âge moyen est de respectivement 34 et 25 ans. Les hélicoptères Puma, qui affichent 40 ans de service, seront remplacés par huit H225M Caracal dès 2023 au lieu de 2028.

Mais ces commandes comprennent aussi des appareils visant à moderniser les outils de protection et de renseignement aérien. Un avion léger de surveillance et de renseignement (ALSR) doté de capteurs optroniques, radar et de renseignement électromagnétique a été commandé. Il a été conçu en transformant un avion civil par Sabena Technics et Thales avec de nombreuses PME et ETI.

Enfin, le ministère des Armées a commandé des drones de surveillance pour la Marine. Des systèmes de drone aérien de la marine (SDAM) destinés aux frégates de premier rang et aux porte-hélicoptères amphibies de type Mistral ainsi que des mini-drones embarqués (SMDM). Ils viendront "apporter aux bâtiments de surface une capacité d’identification et de renseignement en complément, pour les navires qui en sont dotés, des hélicoptères embarqués", explique le ministère.

1.865 emplois sauvegardés

"Ces commandes répondent à des besoins impérieux de nos armées", a expliqué Florence Parly, ministre des Armées en précisant que pour "chacune, ce sont des emplois français non délocalisables, ce sont des territoires qui vivent, ce sont des régions fières de leur savoir-faire", a rappelé la ministre en évoquant un enjeu de "souveraineté".

En effet, ces commandes vont jouer un rôle important en terme de sauvegarde de l'emploi. Pour la partie militaire, 1.225 emplois seront ainsi sauvegardés dont 960 pour les huit hélicoptères Caracal.

Côté sécurité civile et gendarmerie, les "12 hélicoptères commandés préserveront l’équivalent de 640 emplois pendant 3 ans", assure le gouvernement.

Le plan de soutien à la filière aéronautique "un effort total de 15 milliards d'euros de la nation", a annoncé mardi Bruno Le Maire, rappelant que "près de 200.000 emplois sont en jeu".

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco