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Ce nouveau moteur d'avion "révolutionnaire permettra d'économiser 20% de carburant"

Olivier Andriès, directeur général de Safran.

Olivier Andriès, directeur général de Safran. - BFM Business

Safran a dévoilé un moteur à hélices qui pourrait équiper la plupart des avions commerciaux à horizon 2035. Une technologie révolutionnaire qui pourrait permettre d'économiser 20% de carburant par rapport aux technologies actuelles.

Bientôt la fin de la honte de prendre l'avion? C'est ce que souhaite Safran qui a dévoilé cette semaine un nouveau moteur révolutionnaire développé avec son partenaire américain General Electric.

Baptisé CFM Rise (pour Revolutionary innovation for sustainable engines), ce moteur qui ne devrait pas être mis en service avant 2035 pourrait transformer l'aviation commerciale telle qu'on la connaît. Pour accueillir ce nouveau propulseur, les avionneurs devront en effet concevoir une nouvelle architecture pour leurs appareils. Les hélices de ce nouveau moteur sont en effet apparentes et ne pourront pas être englobées dans la nacelle comme c'est le cas des moteurs actuels.

"Ce moteur devrait être lancé en 2035 et permettra de réduire la consommation de carburant de 20% par rapport au moteur Leap mis en service il y a cinq ans et qui permettait déjà des économies de 15%, assure Olivier Andriès, le directeur général de Safran sur BFM Business. C'est un nouveau chapitre pour Safran, on veut êre à l'avant-garde."

La nouvelle architecture du moteur en "open fan" permet de réduire le taux de dilution de l'air tout en conservant les performances d'un turboréacteur classique. Dévoilé pour l'heure seulement en image de synthèse, ce moteur pourrait se situer en queue d'appareil ou sous des ailes rehaussées des futurs porteurs.

Le CFM Rise de Safran et General Electric permettra de réduire de 40% les émissions de CO2.
Le CFM Rise de Safran et General Electric permettra de réduire de 40% les émissions de CO2. © Safran

Pour parvenir à développer ce moteur, Safran a renouvelé son partenariat avec General Electric. Ensemble ils avaient créé en 1974 une société commune CFM International qui a livré pas moins de 35.000 moteurs en près de 50 ans. Les deux compagnies ont donc resigné un bail de 30 ans pour poursuivre leur collaboration.

Le défi technique de l'hydrogène

Et après avoir accompagné la démocratisation du transport aérien, c'est cette fois au réchauffement climatique que les deux sociétés s'attaquent. Même si le secteur de l'aérien a déjà fait de gros efforts pour réduire ses émissions ces dernières années.

"Ca fait des années que l'aéronautique se prend en main, assure Olivier Andriès. On a gagné 1% de consommation de carburant par an ces 40 dernières années. On a donc réduit de 40% [la consommation des avions] en 40 ans."

Et l'industriel espère faire encore mieux avec les biocarburants. Le CFM Rise pourra fonctionner avec 100% de carburants durables contre 50% pour les moteurs actuels. Il s'agira principalement de biocarburants ou de carburants de synthèse. Pour l'hydrogène en revanche, cela risque d'être plus complexe.

"Pas tant pour le moteur en lui même qui serait à 90% le même avec un carburant hydrogène, précise Olivier Andriès. Mais plutôt au niveau de l'avion. L'hydrogène pose de très gros problèmes techniques. L'hydrogène liquide doit être stocké à -253°C et les réservoirs des avions devraient être quatre fois plus gros pour le stocker."

Si l'hydrogène ne sera pas adapté aux avions longs-courriers, il pourrait être une solution sur les petits porteurs courts-courriers, estime le patron de Safran.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco