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Carlos Ghosn ne sera pas extradé s'il vient en France

Image d'illustration Carlos Ghosn

Image d'illustration Carlos Ghosn - Ludovic Marin - AFP

La secrétaire d'État à l'Économie, Agnès Pannier-Runacher a indiqué ce jeudi sur RMC et BFMTV que la France n'extradait "jamais ses nationaux". "Cela ne nous empêche pas de penser que M. Ghosn n'a pas à se soustraire à la justice japonaise", a-t-elle précisé.

Carlos Ghosn ne sera pas extradé s'il vient en France, a affirmé ce jeudi la secrétaire d'État à l'Économie, Agnès Pannier-Runacher, sur RMC et BFMTV, à propos de l'ex-patron de Renault-Nissan qui a fui le Japon où il était assigné à résidence.

"Si M. Ghosn venait en France, nous n'extraderons pas M. Ghosn, parce que la France n'extrade jamais ses nationaux; donc nous appliquons à M. Ghosn comme à Monsieur tout le monde les mêmes règles du jeu mais cela ne nous empêche pas de penser que M. Ghosn n'a pas à se soustraire à la justice japonaise; simplement, c'est les mêmes droits pour tout le monde, la nationalité française est protectrice de ses ressortissants", a-t-elle ajouté.

"Je n'ai pas les mots pour qualifier cette fuite", a aussi dit la secrétaire d'État. "Encore une fois, personne n'est au dessus des lois", a-t-elle relevé. "Il était assigné à résidence, c'est une condition très désagréable, il n'avait pas accès à ses proches, je comprends aussi que cela soit très déplaisant mais sa vie n'était pas en danger sinon la France serait intervenue", a-t-elle poursuivi.

Enquêtes ouvertes

Arrêté à Tokyo en novembre 2018, Carlos Ghosn devait être jugé au Japon à partir d'avril 2020. Il fait l'objet de quatre inculpations, deux pour des revenus différés non déclarés aux autorités boursières par Nissan (qui est aussi poursuivi sur ce volet) et deux autres pour abus de confiance aggravé. L'homme d'affaires, détenteur des nationalités libanaise, française et brésilienne, a toujours nié toutes ces accusations, assurant avoir fui un "système judiciaire japonais partial".

Carlos Ghosn a quitté le Japon dans des conditions mystérieuses. Arrivé lundi à Beyrouth, il est entré au Liban avec un passeport français, selon des documents des autorités aéroportuaires que l'AFP a pu voir. Des enquêtes ont été ouvertes au Japon et en Turquie sur les circonstances de sa fuite.

"Nous sommes toujours, pour n'importe quel Français, dans une posture d'assistance consulaire. Nous l'avons été pour M. Ghosn quand il avait des problèmes de médicaments ou quand il s'est agi d'expliquer aux autorités japonaises qu'étant un peu affaibli on préférait améliorer ses conditions de détention", a encore expliqué Agnès Pannier-Runacher. 
P.L avec AFP