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Bruno Le Maire: "la préservation de l'emploi ne passe pas par le chantage"

"Le chantage n'est jamais une voie", a déclaré ce mardi le ministre de l'Économie, à l'heure où le syndicat majoritaire chez Ryanair en France dénonce "un chantage au licenciement" exercé par la compagnie aérienne irlandaise pour obtenir des baisses des salaires.

Interrogé sur RTL sur ce conflit social potentiel, le ministre de l'Economie a estimé ce mardi que le chantage n'était "jamais une voie" à propos d'un email envoyé par la direction de Ryanair en France aux élus du personnel navigant commercial (PNC, hôtesses et stewards), brandissant la menace de "licencier 27 personnes" si le SNPNC-FO (syndicat) "ne s'engage pas rapidement à accepter des baisses de salaires".

"En revanche, qu'il y ait des accords d'entreprise de longue durée qui permettent de préserver l'emploi, en inventant des dispositifs imaginatifs (..) ça oui, c'est même souhaitable", a ajouté Bruno Le Maire. "Si nous voulons éviter justement ces centaines de milliers de licenciements, il faut que nous soyons créatifs et imaginatifs", a indiqué le ministre.

"Des solutions imaginatives"

"Il y a le chômage partiel tel que nous l'avons mis en place, qui est un instrument solide, il y a aussi des dispositifs d'activité partielle qui peuvent être modifiés, améliorés de façon à préserver l'emploi", a-t-il détaillé. "Dans ces temps extraordinairement durs pour tout le monde, la préservation de l'emploi, elle passe aussi par des solutions imaginatives mais certainement pas par le chantage", a conclu Bruno Le Maire.

Le SNPNC-FO, syndicat majoritaire chez Ryanair en France, avait dénoncé hier lundi 1er juin "un chantage au licenciement" exercé par la compagnie aérienne irlandaise à bas coûts sur son personnel dans l'Hexagone pour obtenir des baisses des salaires, en utilisant le "prétexte" du coronavirus.

Dans un mail envoyé le 15 mai aux élus du personnel navigant commercial (PNC, hôtesses et stewards), la direction menace de "licencier 27 personnes" si le SNPNC-FO "ne s'engage pas rapidement à accepter des baisses de salaires".

D'après ce mail, que l'AFP a pu consulter, la direction de Malta Air (groupe Ryanair), qui opère pour la compagnie irlandaise en France, veut diminuer de 10% la rémunération de ses quelque 180 PNC, pendant cinq ans, jusqu'au 30 juin 2025. Pour les hôtesses et stewards payés au Smic, la compagnie entend réduire leur temps de travail à 80%.

Frédéric Bergé avec AFP