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Brexit: deux ministres en déplacement dans le Calvados pour rassurer les pêcheurs

La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye et la secrétaire d'État aux Affaires européennes Amélie de Montchalin étaient en déplacement à Port-en-Bessin (Calvados) ce mardi matin pour tenter de rassurer les pêcheurs normands qui pourraient se voir interdire l'accès aux eaux britanniques dès l'année prochaine.

C’est l’une des premières conséquences tangibles du Brexit. Le 1er février, les eaux de l’île anglo-normande de Guernesey ont été provisoirement interdites d’accès aux pêcheurs français. Malgré la période de transition, cette mesure a été rendue possible en raison du statut spécifique de ce territoire insulaire, dépendance de la Couronne britannique, qui dispose d’une très forte autonomie.

Ainsi, la zone de pêche concernée n’entre pas dans le cadre des discussions entre l’Europe et le Royaume-Uni. Mais la situation pourrait s’aggravait davantage si les Britanniques décidaient d’interdire totalement l’accès à leurs eaux aux pêcheurs européens à l’issue de la période de transition qui s'achèvera le 31 décembre. 

40% de l'activité menacée

Alors, face aux inquiétudes légitimes, le gouvernement se mobilise. Ce mardi matin, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye et la secrétaire d’État aux Affaires européennes Amélie de Montchalin étaient en déplacement à Port-en-Bessin (Calvados) pour tenter de rassurer les pêcheurs normands.

Ici, la filière représente entre 1000 et 1500 emplois. Et le Brexit risque d'avoir des conséquences lourdes pour les professionnels du secteur. Car si le Royaume-Uni décidait de restreindre l’accès à ses eaux, les pêcheurs de Port-en-Bessin pourraient voir leur activité amputée de 40%.

Dans le même temps, tous les navires européens se retrouveraient à pêcher au même endroit, au large de la Normandie. Ce qui risque de pénaliser doublement les petits pêcheurs artisanaux normands, lesquels seront mis en concurrence directe avec les mastodontes allemandes ou hollandais.

Un accord sur la pêche "non dissociable" de l'accord commercial

Dans les négociations sur le Brexit, la pêche compte sans nul doute parmi les sujets les plus sensibles. Dimanche, le ministre des Affaires étrangers Jean-Yves Le Drian a assuré que la France serait "extrêmement vigilante" dans les discussions à venir.

"La Grande-Bretagne est un pays qui a une grande production de pêche et des eaux extrêmement poissonneuses dans lesquelles beaucoup d'Européens vont pêcher, à commencer par les Français de Bretagne, de Normandie et des Hauts-de-France", a-t-il relevé dans l'émission politique Le Grand Jury RTL/TF1/LCI/Le Figaro. "Mais le Royaume-Uni a aussi cette caractéristique d'exporter 75% de sa production halieutique vers l'Union européenne", a-t-il souligné.

De son côté, le négociateur en chef du Brexit pour l’UE Michel Barnier a indiqué que "l’accord sur la pêche sera partie intégrante et non dissociable de l’accord de commerce" qui doit fixer les termes de la relation future entre Londres et Bruxelles.

Paul Louis avec AFP