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Assurance-chômage: les saisonniers appelés à la grève dans les stations de ski ce samedi

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Les syndicats protestent contre les nouvelles règles qui réduisent qui durcissent les conditions d'accès à l'indemnisation du chômage. De nombreux domaines skiables pourraient être touchés par le mouvement.

Les vacanciers des zones B et C pourraient voir leur séjour au ski perturbé ce samedi. À l’appel de la CGT et de FO, les saisonniers entament une journée de grève pour protester contre la réforme des retraites mais surtout contre celle de l’assurance chômage entrée partiellement en vigueur le 1er novembre, avant une pleine application le 1er avril. Partout en France, des Alpes aux Pyrénées, une cinquantaine d'actions ont été recensées.

La majorité des domaines skiables devraient être touchés. Selon LCI, les préavis de grève dans les Alpes concernent Les Arcs, Tignes, La Plagne, Courchevel, Méribel, Val d’Isère, La Rosière, Val Fréjus, Les Ménuires, Val Thorens, Valmorel, Valloire, Les Karellis, St Colomban des Villars, Valmenier, Savoie Grand Revard, Flaine, Les Carroz, Megève, le Grand Bornand, Val d’Arly, Val Cenis, Les Sybelles, Chamonix, La Clusaz, Avoriaz, Les Gets, La Meige, Serre Chevalier, Val d’Allos, Vars, Les Stations du Queyras, Risoul, Les Orres, Pra-Loup, Puy St Vincent, et Orcières.

Dans les Pyrénées, les syndicats appellent à la mobilisation au Grand Tourmalet, à Ax Trois Domaines, Font Romeu, Piau Engaly, Cambre d’Aze, Porté Puymorens, Les Angles, Formiguères, Cauterets, Luz Ardiden, Val Louron et Altiservice St Lary. Prévoyez également de possibles perturbations à Gerardmer (Vosges), Monts Jura (Jura) et dans la station du Lorian (Massif Central).

Opérations tractage

Quelque 200 saisonniers se sont mobilisés ce samedi matin sur la route d'accès aux stations de ski en Savoie pour alerter les touristes sur les répercussions attendues de la réforme de l'assurance chômage: "On veut informer et être visibles. On ne veut pas emmerder les touristes, ce sont eux qui nos apportent du boulot", prévient Antoine Fatiga de la CGT remontées mécaniques.

"On parle de carnage, parce qu’on a des familles qui vont être jetées dans la pauvreté. L’économie du tourisme et tout ce qui est lié à la saisonnalité risque d’être mis en danger", affirme de son côté Pierre Scholl, responsable CGT des domaines skiable de Savoie.

Au Grand Tourmalet, deux tiers du personnel était absent. Résultat: 40% seulement du domaine était ouvert. Sur la route, les automobilistes sont accueillis par la banderole: "Retraites, chômage, saisonniers précarisés, vacances mal engagées, merci Macron". Et les manifestants ralentissent le trafic en distribuant des tracts, le plus souvent dans une ambiance bon enfant.

Règles plus restrictives

Depuis le 1er novembre, les règles d’indemnisation ont effectivement changé. Il faut désormais six mois minimum d’activité salariée pour recharger ses droits au chômage, contre quatre auparavant. Une situation qui pourraient précariser les saisonniers:

"Fin avril, lorsque notre contrat saisonnier sera terminé, on aura plus la possibilité d’ouvrir nos droits pour ce laps de temps qui est un peu court jusqu’à la saison d’été suivante. Donc si on n’a pas mis d’argent de côté je ne sais pas avec quoi on va vivre", déplore Marie-Pierre Laithier, saisonnière à Méribel.

Au 1er avril, le calcul du montant de l’indemnisation sera également modifié. Ce ne sont plus les seuls jours travaillés qui seront pris en compte. Le salaire journalier de référence, base de l’indemnisation, sera ainsi calculé en divisant les salaires de la période de travail par l’ensemble des jours entre le premier et le dernier contrat. Ce qui est évidement moins favorable à ceux qui travaillent de manière discontinue. Selon les syndicats, la réforme de l’assurance chômage pourrait entraîner une chute de l’indemnisation des saisonniers de l’ordre de 20 à 50%.

Le ministère du Travail doit présenter la semaine prochaine "un plan d'accompagnement" pour les saisonniers des remontées mécaniques conscient de la spécificité de la montagne "où il n'y a, dans certaines vallées, simplement pas d'emplois au printemps ou à l'automne".

Paul Louis avec AFP