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Amazon contraint en France à ne livrer plus que les "marchandises essentielles"

Le e-commerçant américain a été condamné par le tribunal de Nanterre à ne livrer que les produits alimentaires, de santé et d'hygiène. La société a fait appel.

Le tribunal judiciaire de Nanterre a ordonné aujourd'hui à Amazon France d'établir une évaluation des risques inhérents à l'épidémie de Covid-19 sur ses entrepôts, et de restreindre en attendant son activité aux seuls produits essentiels, selon le jugement.

La décision doit prendre effet sous 24 heures (à partir du 15 avril) et pour une durée d'un mois. Amazon devra par la suite obligatoirement associer les représentants du personnel à l'évaluation des risques. L'astreinte sera de 1 million d'euros par jour de retard pour Amazon.

Le tribunal considère qu'Amazon a "de façon évidente méconnu son obligation de sécurité et de prévention de la santé des salariés". Le commerçant est condamné à ne prendre que les "commandes de produits alimentaires, d'hygiène et médicaux".

Seraient donc exclus les livres, les jouets, les produits culturels comme les jeux vidéos, les DVD ou encore le matériel électronique ou les produits de jardinage.

Cette décision fait suite à une plainte du syndicat Sud Commerce qui estime que l'entreprise met en danger ses salariés. Selon le syndicat, la part de ces produits essentiels ne représenterait que 10% des marchandises actuellement livrées par Amazon.

La compagnie avait déjà réduit le nombre de références sur son site. Dans ce courrier envoyé à ses marchands tiers fin mars, Amazon signalait qu'il allait restreindre le nombre de produits vendus sur le site en donnant la priorité aux "produits ménagers, fournitures médicales et autres produits très demandés".

Amazon pourrait cependant contourner cette décision en expédiant les produits depuis ses entrepôts situés dans les pays voisins comme l'Allemagne, le Royaume-Uni ou l'Italie. Ce qu'elle fait déjà en partie depuis que son activité est réduite dans l'Hexagone.

Amazon annonce qu'il va faire appel du référé. 

"Nous sommes en désaccord avec la décision rendue aujourd’hui par le tribunal judicaire de Nanterre et nous évaluons actuellement ses implications pour nos sites logistiques français, indique le groupe dans un communiqué. Nous continuerons également à travailler avec toutes les parties prenantes et à apporter les éclaircissements nécessaires comme nous l'avons fait depuis le début de cette crise sans précédent."

Amazon rappelle par ailleurs ce qui a été mis en place ces dernières semaines.

"Rien n’est plus important que la sécurité de nos collaborateurs. Ainsi, en France, ces quatre dernières semaines, nous avons distribué sur nos sites plus de 127.000 paquets de lingettes désinfectantes, plus de 27.000 litres de gel hydroalcoolique, ainsi que plus de 1,5 million de masques. Nous avons aussi mis en place des contrôles de température et des mesures de distanciation sociale et également triplé nos équipes d’entretien en France pour renforcer le nettoyage de 200 zones supplémentaires sur chaque site."
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Amazon © BFMTV
Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco