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Action Logement annonce un plan à 70 milliards d’euros pour décarboner son activité

L’organisme paritaire en charge d’1,1 million de logements a annoncé le lancement d’un plan “d’envergure” pour décarboner son activité. Muni d’un budget de 70 milliards d’euros, Action Logement vise la baisse de 55% de ses émissions d’ici 2030.

Alors que le logement représente environ 27% des émissions de gaz à effet de serre des Français, Action Logement vient d’annoncer un plan d’envergure pour accélérer la transition énergétique de ses activités.

“Nous avons pris nos responsabilités au moment de la crise sanitaire et nous étions prêts face la crise de l’énergie”, commente Bruno Arcadipane, Président d'Action Logement tout en rappelant le déploiement d’un programme RSE à destination de ses 19 000 salariés. C’est cette première étape qui aurait permis à Action Logement de voter en mars dernier son plan à 70 milliards présenté ce mardi 29 novembre comme le “chantier du siècle” en matière de décarbonation du logement.

Pas question de déconstruire

“On construit déjà 40 000 logements par an”, poursuit Bruno Arcadipane. “Je vous l’accorde, cela peut ne pas paraitre assez mais c’est de loin [ce qui fait d’Action Logement] le premier producteur européen.” Mais qu’en est-il des logements délabrés et considérés à ce jour comme de véritables passoires énergétiques?

“On ne va pas déconstruire mais améliorer l’ensemble du patrimoine existant”, précise-t-il. Des “techniques de construction et de réhabilitation nouvelles” seront mises à contribution pour faire en sorte qu’un tiers du parc immobilier soit conforme au label BBC (ndlr, bâtiment basse consommation).

Des craintes liées au financement d’Action Logement

Ce lundi 26 septembre, le nouveau projet de loi de finances pour 2023 présenté en Conseil des ministres prévoyait une ponction de 300 millions d’euros sur Action Logement (en faveur du Fonds National des Aides à la Pierre). Ce qui sème le doute sur la capacité du bailleur à financer ses projets.

Bruno Arcadipane rétorque que cette mesure a pour l’instant été retirée par le Sénat du projet de loi de finances de l’Etat pour 2023 et sera étudiée par une commission mixte paritaire. Mention est plutôt faite au soutien d’Action Cœur de Ville qui a permis de “redynamiser le centre de villes moyennes” mais aussi celui de l'Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine (ANRU) pour la construction de nouveaux logements dans les quartiers prioritaires.

Pour autant, la ponction en débat suscite de vives réactions de la part des partenaires sociaux d’Action Logement, qui estiment que ce n’est pas aux bailleurs sociaux de supporter le poids du financement de la construction et de la rénovation des logements. Face à l’augmentation des charges pour les bailleurs et les locataires, Bruno Arcadipane présente son plan de décarbonation comme un moyen, à terme, de faire des économies.

100 000 demandes de logement social par jour

Ces efforts sont-ils suffisants alors que 2,2 millions de demandes de logement social sont toujours en attente dans l’Hexagone?

“C’est dramatique”, déplore Bruno Arcadipane. “Sur les dix derniers mois, c’est 100 000 personnes de plus enregistrés sur ce fichier [de demande de logement social].” Pour lui, c’est sur les maires que l’État devrait focaliser son attention en leur redonnant “l’envie de délivrer des permis de construire”.

L’accent est aussi mis sur l’utilité sociale d’Action Logement dévoué à “s’occuper des plus démunis” face à la précarité énergétique. Fin octobre, l’organisme annonçait en ce sens un Fonds Énergie pour soutenir les locataires du parc social face à la hausse des prix de l’énergie.

P. B.