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Chute des cryptomonnaies: ces sociétés qui décident de licencier

Selon nos calculs, en l'espace de deux mois, plus de 2.035 salariés de l'écosystème crypto ont perdu leur emploi.

Depuis ce week-end, le marché des cryptomonnaies subit de nouvelles fortes tensions à la baisse, alors qu'il avait déjà vécu un crypto-krach il y a un mois, avec de lourdes conséquences pour les investisseurs, mais également les crypto sociétés.

Ces dernières ont en effet de plus en plus de mal à tenir le choc et ont annoncé de nombreux licenciements. Selon nos calculs, en l'espace de deux mois, plus de 2.035 salariés de l'écosystème ont perdu leur emploi. Pour justifier les licenciements, toutes les sociétés ont évoqué l'impact de la chute des cryptos sur leur activité.

Binance face aux autres plateformes d'échanges de cryptomonnaies

Mardi, le géant américain Coinbase a annoncé le licenciement de 18% de ses salariés, correspondant à 1.100 postes. La société souhaite s'assurer qu'elle veut "rester en bonne santé" pendant le ralentissement économique, a annoncé son patron Brian Armstrong dans un post. Il faut dire que la société a "grandi très vite" comme elle le reconnaît elle-même, passant de 1.250 salariés début 2021 à plus de 4.900.

De son côté, la plateforme centralisée Crypto.com, fondée en 2016 et qui revendique 50 millions d'utilisateurs, est également mal en point. Son patron, Kris Marszalek, a annoncé le licenciement de 5% de ses salariés, soit environ 260 personnes sur 4000 employés.

Il y a un mois, le crypto-krach a eu un impact sur d'autres plateformes Outre-Atlantique. Fin mai, la plateforme latino-américaine Bitso fondée en 2014 et qui compte plus de 4 millions de clients, a annoncé devoir se séparer de 80 employés, alors qu'elle comptait jusqu'à présent 700 salariés. Dans le même temps, la plateforme Buenbit fondée en 2018, basée en Argentine, et qui compte 400.000 utilisateurs, a licencié 45 % de ses effectifs soit 80 salariés, passant de 180 à 100 salariés. De son côté, 2TM, la société mère de la plateforme brésilienne Mercado Bitcoin, s'est récemment séparée de 12% de ses effectifs, soit 90 salariés.

De même, début juin, la plateforme Rain Finance, lancée en 2017 et basée dans le Bahreïn, a licencié des dizaines d'employés sur un total d'environ 500 salariés selon les données de Crunchbase. Elle n'a pas donné d'indications précises sur le nombre de salariés concernés.

A contre-courant de toutes ces sociétés, Binance a annoncé vouloir embaucher 2.000 salariés.

Les plateformes de prêts dans la tourmente

Lundi, la plateforme de prêts et d'emprunts de cryptomonnaies BlockFi a annoncé le licenciement de 20% de ses effectifs, soit 250 personnes. Fondée en 2017, la société avait grandi très vite, passant de 150 employés fin 2020 à plus de 850 aujourd'hui. "Malheureusement, après avoir consacré beaucoup de temps à la planification et à la réflexion, c'est la mesure que nous devons maintenant prendre pour atteindre notre objectif de rentabilité", a précisé la société.

Mais les pertes pourraient être encore plus lourdes pour BlockFi. La société, qui revendique 650.000 clients est spécialisée dans les prêts et emprunts de cryptos dans la finance décentralisée (DeFi). Ce segment subit de fortes secousses à l'heure actuelle, comme en témoigne la situation de la plateforme Celsius. Lundi, BlockFi a tenu à rassurer ses utilisateurs, indiquant n'être ni exposé à Celsius, ni au stETH.

Les plateformes de trading ne sont pas épargnées

Récemment, la société spécialisée dans le trading de cryptomonnaies Gemini a aussi annoncé le licenciement de 10% de ses salariés, soit environ 100 personnes sur un effectif de 1.100 salariés. La société a aussi pris la décision de fermer tous ses bureaux physiques. Gemini est valorisé à 7,1 milliards de dollars et gère encore près de 30 milliards de dollars de cryptomonnaies.

De son côté, la plateforme de trading de cryptos BitMex a annoncé le licenciement de 75 personnes début avril, soit 25% de ses effectifs.

Pauline Armandet