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Les portes Falcon du Tesla Model X: gadget inutile ou réelle innovation?

Les ailes papillons du Model X, un élément de style c'est certain mais pour quelle utilisation au quotidien?

Les ailes papillons du Model X, un élément de style c'est certain mais pour quelle utilisation au quotidien? - Amaury Heurtault

Difficile de passer inaperçu avec le plus imposant véhicule électrique du marché et ses incroyables portières papillons, le Tesla Model X. Si ce système d'ouverture particulièrement original ne laisse pas indifférent, lors de notre test, il nous a aussi procuré quelques frayeurs.

Les "Falcon Wings" incarnent Model X. Dès la première présentation du Model X en février 2012, le patron de Tesla Elon Musk avait mis en avant ces fameuses portières en aile de faucon de son futur SUV. Principal atout de ce système: un accès facilité à la deuxième rangée de siège (et éventuellement à la troisième), avec la possibilité de se tenir debout à l'intérieur du véhicule.

Les deux portières arrières sont en effet constituées d'une double charnière motorisées permettant à une partie du toit de se soulever. Une élévation dont le niveau est ajusté automatiquement en fonction des différents obstacles environnants, détectés par une batterie de capteurs.

Un système d'ouverture qui divise

Priorité d'Elon Musk, cette innovation s'est révélée être un casse-tête pour les ingénieurs qui l'ont développée et a également retardé l'entrée en production du Model X de par la complexité du processus à mettre en place. Commercialisé en France depuis juin 2016, Tesla est donc tout de même parvenu à sortir le premier SUV électrique. En plus de cette motorisation zéro émission, les fameuses portes constituent d'ailleurs un moyen de se différencier dans un segment fortement concurrentiel. 

Mais force est de constater que ce système d'ouverture ne fait pas l'unanimité: il est décrié par les uns qui y voient un gadget marketing, encensés par les autres pour qui il s'agit d'un nouveau coup de génie de la jeune marque californienne. Récemment et suite aux plaintes de plusieurs propriétaires de Model X, la revue américaine Consumer Reports a dénoncé le manque de fiabilité du SUV, pointant du doigt les portières. Réponse de Tesla: au cous des 12 derniers mois, 92% des défauts répertoriés ont été corrigés (ça a le mérite d'être précis). 

Notre test: effet wahoo garanti...

Qu'en est-il dans la réalité? Sur le plan esthétique tout d'abord, le bilan est plutôt positif. Qu'on trouve ou non le design d'ensemble du Model X réussi, question de goût même si ses lignes se révèlent plutôt gracieuses pour un gros bébé de plus de 5 mètres de long, 2 mètres de large, l'ouverture des portières ne laisse personne indifférent. Effet "wahoo" garanti auprès des badauds assistant à cette scène (pas idéal toutefois pour ceux qui voudraient rester discrets).

Lors d'un arrêt en plein test, le Model X ne laisse pas indifférent!
Lors d'un arrêt en plein test, le Model X ne laisse pas indifférent! © Julien Bonnet

A la fermeture, on a plus l'impression d'être face à une porte d'avion avec un petit bruit qui traduit l'isolation totale de l'habitacle. De quoi renforcer l'impression d'être à bord d'un vaisseau futuriste, même si Elon Musk n'a pas encore annoncé de "fly mode" pour ses véhicules.

Les portes papillons se révèlent également plutôt pratiques. Leur temps d'ouverture et de fermeture a été accéléré depuis la dernière mise à jour vers la version 8.0 (comme on peut le voir dans cette vidéo avant-après réalisée par un propriétaire de Model X).

...et quelques petites frayeurs

Avec le toit qui prend de la hauteur à l'ouverture, l'accès est réellement facilité, comme on peut le voir dans notre vidéo ci-dessous. Ce qui permet également nous d'introduire deux anecdotes sur des "petites" frayeurs que nous avons vécues lors de ce test.

La première "boulette" a eu lieu en montant la première fois à l'arrière du Model X sur notre banc de test dans un parking souterrain (deuxième partie de la vidéo) où nous nous étions placé sous un panneau d'affichage. L'idée était en effet de montrer que les portes vont adapter leur chorégraphie d'ouverture à l'environnement. Si le plafond est bas, comme ici, la portière va ainsi se déployer sur le côté et moins en hauteur. A l'inverse, si le Model X est garé tout près d'une autre voiture, la portière va rester le plus proche possible du véhicule et s'élever au maximum en hauteur.

Dans notre situation nous étions donc avec un obstacle bas au-dessus du Model X et les portières ont parfaitement réagi face à ce piège. Mais en souhaitant les refermer grâce à un bouton placé dans l'habitacle, j'ai en réalité forcé l'ouverture maximale des portières. Je ne savais pas que c'était possible et Tesla m'a expliqué que cela était prévu en cas de défaillance des capteurs qui empêcheraient une ouverture large sans raison. Heureusement, le panneau d'affichage n'était pas trop bas et en plastique lisse il n'a pas rayé ou endommagé la portière. 

Attention à ce qui entoure les portes à l'ouverture

Deuxième frayeur, quelques minutes plus tard. A la fin de vidéo, vous voyez une BMW s'avancer derrière le Model X. Stationné dans le parking, nous avions laissé assez d'espace pour que d'autres véhicules puissent longer le Model X. Mais problème, la conductrice de la BMW n'ose pas s'avancer, hésite encore et finalement s’avance… alors que nous ouvrons les portes "Falcon". La BMW passe alors quelques centimètres sous la portière qui venait de se déployer. Nous prenons alors conscience que nous venons de passer tout près d'un choc qui aurait pu voir la BMW emporter une portière…

Explications de cette mésaventure: les capteurs ne scannent l'environnement qu'avant de déclencher l'ouverture de la portière. Si un obstacle vient gêner cette ouverture pendant le processus, il ne sera pas détecté par les capteurs mais la portière se stoppera tout de même pour éviter de causer (trop) des dégâts. Leçon retenue!

Julien Bonnet